Mesurer la qualité des réponses
Une intelligence artificielle peut produire une réponse claire, bien présentée et convaincante. Pourtant, cette réponse peut contenir des erreurs, oublier des informations importantes ou ne pas respecter les consignes initiales.
À l’inverse, une réponse courte et peu spectaculaire peut être parfaitement adaptée à la demande.
Comment déterminer objectivement si une réponse est de qualité ? Comment comparer deux productions ? Comment mesurer les progrès obtenus après une modification de prompt ?
Pour répondre à ces questions, il faut définir des critères d’évaluation, choisir des indicateurs adaptés et interpréter les résultats avec méthode.
La qualité d’une réponse ne se mesure pas uniquement à sa longueur, à son style ou à son apparence.
Elle dépend avant tout de sa capacité à répondre correctement à une tâche définie, dans le respect des exigences et des contraintes applicables.
1. Objectifs pédagogiques
À la fin de ce cours, vous serez capable de :
- Définir ce que signifie la qualité d’une réponse générée par une IA.
- Distinguer les différentes dimensions de la qualité.
- Choisir des critères adaptés à une tâche.
- Construire une grille de notation cohérente.
- Calculer des taux de réussite et des scores pondérés.
- Utiliser des indicateurs d’exactitude, de complétude et de conformité.
- Comprendre les notions de précision, de rappel et de score F1.
- Différencier une évaluation automatique d’une évaluation humaine.
- Identifier les limites des moyennes et des scores globaux.
- Construire un protocole simple de mesure de qualité.
2. Que signifie « qualité d’une réponse » ?
La qualité d’une réponse correspond à son adéquation aux objectifs de la tâche et aux exigences définies.
Il n’existe pas une seule définition universelle de la qualité.
Une réponse peut être excellente pour un usage et inadaptée pour un autre.
Exemple
Un utilisateur demande :
Une réponse technique de 1 500 mots peut être exacte, mais elle ne respecte pas la demande.
Une réponse de quatre phrases, compréhensible et correcte, peut être de meilleure qualité pour cet usage.
La qualité doit donc être appréciée par rapport à une tâche précise.
3. Pourquoi mesurer la qualité ?
Mesurer la qualité permet notamment de :
- repérer les erreurs récurrentes ;
- comparer plusieurs prompts ;
- identifier les points faibles d’un système ;
- vérifier le respect d’un cahier des charges ;
- suivre l’évolution des performances ;
- déterminer si une automatisation nécessite une intervention humaine ;
- justifier une décision de déploiement ou de modification.
Sans mesure, les décisions reposent souvent sur des impressions.
Évaluation subjective
« Cette réponse me paraît meilleure. »
Le jugement ne précise pas les raisons de cette préférence.
Évaluation vérifiable
« La réponse respecte les cinq champs obligatoires et ne contient aucune valeur inventée sur les dix documents examinés. »
Le résultat repose sur des critères observables.
4. Les principales dimensions de la qualité
Une réponse peut être évaluée selon plusieurs dimensions.
| Dimension | Question à poser | Exemple |
|---|---|---|
| Exactitude | Les informations sont-elles correctes ? | Un calcul est juste. |
| Pertinence | La réponse correspond-elle à la demande ? | Elle traite bien le problème posé. |
| Complétude | Les éléments nécessaires sont-ils présents ? | Tous les champs obligatoires sont renseignés. |
| Conformité | Les consignes sont-elles respectées ? | Le format JSON demandé est valide. |
| Clarté | La réponse est-elle compréhensible ? | Le vocabulaire convient à un débutant. |
| Cohérence | Les différentes parties sont-elles compatibles ? | La conclusion correspond aux calculs. |
| Fiabilité | Le comportement est-il suffisamment régulier ? | Les résultats restent satisfaisants sur différents cas. |
| Sécurité | La réponse évite-t-elle les actions dangereuses ou non autorisées ? | Aucune commande destructive n’est proposée sans justification. |
Selon la tâche, certaines dimensions sont essentielles et d’autres secondaires.
5. Mesurer l’exactitude
L’exactitude consiste à vérifier que les informations fournies correspondent aux faits, aux données de référence ou aux résultats attendus.
Exemple : calcul de TVA
Prix HT : 200 €.
Taux de TVA : 20 %.
TVA attendue : 200 × 0,20 = 40 €.
Prix TTC attendu : 200 + 40 = 240 €.
Si l’IA indique un TTC de 250 €, sa réponse est incorrecte sur ce point.
Pour évaluer l’exactitude, il faut disposer d’une référence fiable ou d’une méthode de vérification adaptée.
Une réponse accompagnée d’une explication détaillée n’est pas nécessairement exacte. Une démonstration peut elle-même contenir des erreurs.
6. Mesurer la pertinence
La pertinence indique si la réponse traite effectivement la demande.
Demande
Réponse peu pertinente
« Les sauvegardes sont importantes pour protéger les données. Il existe plusieurs logiciels de sauvegarde. »
Réponse pertinente
« Une sauvegarde complète copie toutes les données sélectionnées. Une sauvegarde incrémentielle copie les données modifiées depuis la dernière sauvegarde prise en compte, selon le fonctionnement de l’outil utilisé. »
La seconde réponse traite directement la différence demandée.
La pertinence ne garantit toutefois pas, à elle seule, la complétude ou l’exactitude.
7. Mesurer la complétude
La complétude mesure la présence des éléments attendus.
Elle peut être calculée lorsqu’une liste de champs obligatoires est définie.
Taux de complétude = éléments obligatoires présents ÷ éléments obligatoires attendus × 100.
Exemple
Un ticket informatique doit comporter cinq champs.
La réponse en contient quatre.
4 ÷ 5 × 100 = 80 %.
Un champ présent mais incorrect ne doit pas automatiquement être considéré comme exact. Il est utile de mesurer séparément la présence des champs et la justesse de leurs valeurs.
8. Mesurer le respect des consignes
Une réponse peut être factuellement correcte tout en ne respectant pas le format ou les contraintes imposées.
On peut vérifier :
- la présence d’un tableau ;
- le respect d’une limite de longueur ;
- l’utilisation des colonnes demandées ;
- la présence d’un format JSON valide ;
- l’absence d’informations supplémentaires interdites ;
- l’application des règles concernant les données manquantes.
Exemple
La consigne impose une réponse JSON sans texte supplémentaire.
Si l’IA fournit un objet JSON correct précédé de « Voici le résultat », la réponse peut être lisible pour un humain, mais elle ne respecte pas strictement le format demandé.
9. Mesurer la clarté
La clarté concerne la facilité de compréhension de la réponse.
Elle peut dépendre :
- du vocabulaire utilisé ;
- de la longueur des phrases ;
- de l’organisation des idées ;
- de la définition des termes techniques ;
- de la présence d’exemples adaptés ;
- de l’absence d’ambiguïtés.
Contrairement à certains contrôles techniques, la clarté nécessite souvent une appréciation humaine ou une grille descriptive.
Exemple de niveaux
| Note | Description |
|---|---|
| 0 | Réponse incompréhensible ou inexploitable. |
| 1 | Réponse difficile à comprendre. |
| 2 | Réponse globalement compréhensible avec plusieurs difficultés. |
| 3 | Réponse claire avec quelques améliorations possibles. |
| 4 | Réponse claire, structurée et adaptée au public. |
Décrire précisément les niveaux aide plusieurs évaluateurs à appliquer la grille de manière plus cohérente.
10. Mesurer la cohérence
La cohérence correspond à l’absence de contradictions injustifiées dans une réponse.
Exemple
Une IA calcule :
Chiffre d’affaires : 50 000 €.
Charges : 42 000 €.
Résultat : 8 000 €.
Elle conclut ensuite :
« L’entreprise enregistre une perte de 8 000 €. »
Le calcul est correct, mais la conclusion est contradictoire avec le résultat positif.
Il faut donc contrôler non seulement les données isolées, mais aussi les relations entre les différentes parties.
11. Mesurer la fiabilité
La fiabilité concerne la capacité du système à produire des résultats satisfaisants de manière suffisamment régulière.
Elle nécessite généralement plusieurs essais et plusieurs situations.
Exemple fictif
Une variante réussit 9 essais sur 10.
Son taux de réussite observé est :
9 ÷ 10 × 100 = 90 %.
Ce résultat décrit les essais réalisés. Il ne garantit pas que le système réussira 90 % de toutes les futures demandes.
La représentativité des cas et le nombre d’essais influencent la portée de la conclusion.
12. Les critères critiques et les critères secondaires
Tous les critères ne présentent pas la même importance.
Dans certains contextes, une seule erreur peut rendre une réponse inutilisable.
| Critère | Importance possible | Exemple |
|---|---|---|
| Absence de données inventées | Critique | Extraction de facture |
| Exactitude des montants | Critique | Calcul financier |
| Respect des droits d’accès | Critique | Support informatique |
| Présence des sections | Majeure | Compte rendu |
| Clarté | Majeure | Fiche pédagogique |
| Style rédactionnel | Secondaire selon le contexte | Résumé interne |
Une excellente présentation ne doit pas compenser une erreur critique lorsque cette erreur rend la réponse dangereuse ou inutilisable.
Il faut donc parfois utiliser des conditions éliminatoires plutôt qu’une simple moyenne.
13. Les différentes méthodes de notation
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées pour évaluer les réponses.
| Méthode | Principe | Usage |
|---|---|---|
| Binaire | Réussite ou échec | Format JSON valide |
| Échelle descriptive | Note associée à un niveau défini | Clarté pédagogique |
| Comptage | Nombre d’éléments corrects | Champs extraits |
| Pourcentage | Part des éléments conformes | Taux de réussite |
| Score pondéré | Critères associés à des poids | Évaluation multidimensionnelle |
| Comparaison par paires | Choix entre deux réponses | Préférence selon une grille |
La méthode doit être choisie selon ce que l’on souhaite réellement mesurer.
14. Construire une grille de notation
Une grille doit préciser les critères et la manière de les vérifier.
Exemple : évaluer une fiche pédagogique
| Critère | Note maximale | Vérification |
|---|---|---|
| Exactitude | 4 | Comparer avec les références |
| Complétude | 4 | Contrôler les notions attendues |
| Clarté | 4 | Appliquer une échelle descriptive |
| Exemples | 4 | Vérifier leur présence et leur pertinence |
| Structure | 4 | Contrôler l’organisation |
Score maximal : 20 points.
Pour être reproductible, la grille doit également préciser les conditions d’attribution des notes intermédiaires.
15. Calculer un score simple
Lorsqu’une grille attribue des points à plusieurs critères, on peut additionner les notes obtenues.
Exemple
| Critère | Note obtenue | Maximum |
|---|---|---|
| Exactitude | 4 | 4 |
| Complétude | 3 | 4 |
| Clarté | 3 | 4 |
| Exemples | 2 | 4 |
| Structure | 4 | 4 |
Total : 4 + 3 + 3 + 2 + 4 = 16/20.
Soit :
16 ÷ 20 × 100 = 80 % du score maximal.
Ce score synthétise les résultats de la grille. Il ne signifie pas nécessairement que 80 % des informations sont exactes.
16. Comprendre la pondération
La pondération consiste à attribuer un poids différent aux critères selon leur importance.
Par exemple, pour une réponse technique :
- exactitude : 40 % ;
- complétude : 25 % ;
- respect des consignes : 20 % ;
- clarté : 15 %.
La somme des poids est égale à 100 %.
Cette répartition est un choix de conception, et non une règle universelle.
17. Calculer un score pondéré
Pour chaque critère, on multiplie le score normalisé par son poids.
Score pondéré = somme des (score du critère × poids du critère).
Exemple chiffré
Chaque critère est noté sur 100.
| Critère | Score | Poids | Contribution |
|---|---|---|---|
| Exactitude | 90 | 40 % | 36 |
| Complétude | 80 | 25 % | 20 |
| Conformité | 100 | 20 % | 20 |
| Clarté | 70 | 15 % | 10,5 |
Calcul :
90 × 0,40 + 80 × 0,25 + 100 × 0,20 + 70 × 0,15
= 36 + 20 + 20 + 10,5
Ce score permet de synthétiser plusieurs dimensions, à condition que les critères, les échelles et les poids soient définis de manière cohérente.
18. Les limites d’un score global
Un score global peut masquer des problèmes importants.
Exemple
Une réponse obtient :
- exactitude : 40/100 ;
- complétude : 100/100 ;
- clarté : 100/100 ;
- structure : 100/100.
Si les quatre critères ont le même poids, la moyenne est :
(40 + 100 + 100 + 100) ÷ 4 = 85/100.
Malgré ce score élevé, une exactitude de 40/100 peut être totalement inacceptable pour la tâche.
Pour les applications sensibles, il faut définir des seuils minimaux ou des critères éliminatoires. Une moyenne élevée ne doit pas masquer une erreur critique.
19. Définir des seuils de validation
Un seuil de validation est une valeur minimale qu’une réponse doit atteindre pour être acceptée.
Les seuils dépendent du contexte et des conséquences d’une erreur.
Exemple de politique interne fictive
- Exactitude des montants : 100 % obligatoire.
- Champs obligatoires : 100 % présents.
- Format de sortie : conforme.
- Clarté : au moins 3/4.
Une réponse qui échoue sur l’exactitude des montants est rejetée, même si les autres critères sont satisfaits.
Ces seuils illustrent une méthode de décision. Ils ne constituent pas des normes applicables à tous les projets.
20. Calculer un taux de réussite
Lorsqu’un essai est classé comme réussi ou échoué selon une règle définie, on peut calculer un taux de réussite.
Taux de réussite = essais réussis ÷ essais réalisés × 100.
Sur 40 demandes, 34 réponses respectent tous les critères obligatoires.
34 ÷ 40 × 100 = 85 %.
Il faut préciser ce que signifie exactement « réussir ».
Un taux de réussite calculé sur le format ne mesure pas nécessairement l’exactitude des informations.
21. Distinguer les mesures par critère et par réponse
Une erreur fréquente consiste à confondre la proportion de critères satisfaits et la proportion de réponses entièrement conformes.
Exemple
Trois réponses doivent chacune respecter trois critères.
| Réponse | Exactitude | Format | Complétude |
|---|---|---|---|
| R1 | Oui | Oui | Non |
| R2 | Oui | Non | Oui |
| R3 | Oui | Oui | Oui |
Critères satisfaits : 7 sur 9.
7 ÷ 9 × 100 ≈ 77,78 %.
Réponses entièrement conformes : 1 sur 3.
1 ÷ 3 × 100 ≈ 33,33 %.
Ces deux indicateurs répondent à des questions différentes.
22. Comprendre la précision
Dans une tâche d’extraction ou de classification, la précision mesure la proportion des éléments identifiés comme positifs qui sont réellement corrects.
Précision = vrais positifs ÷ (vrais positifs + faux positifs).
Un vrai positif est un élément correctement identifié.
Un faux positif est un élément signalé à tort.
Exemple
Une IA identifie 10 courriels comme des réclamations.
Parmi eux, 8 sont réellement des réclamations.
Les 2 autres ont été classés à tort.
Précision = 8 ÷ 10 × 100 = 80 %.
Une précision élevée signifie que les éléments signalés sont généralement corrects dans les données évaluées.
23. Comprendre le rappel
Le rappel mesure la proportion des éléments réellement positifs qui ont été retrouvés.
Rappel = vrais positifs ÷ (vrais positifs + faux négatifs).
Un faux négatif est un élément positif qui n’a pas été identifié.
Exemple
Un ensemble contient 12 réclamations réelles.
L’IA en identifie correctement 9.
Elle en oublie 3.
Rappel = 9 ÷ 12 × 100 = 75 %.
Un rappel élevé signifie que peu d’éléments positifs sont oubliés dans les données évaluées.
24. Comparer précision et rappel
La précision et le rappel sont complémentaires.
| Indicateur | Question | Erreur concernée |
|---|---|---|
| Précision | Parmi les éléments signalés, combien sont corrects ? | Faux positifs |
| Rappel | Parmi les éléments réellement présents, combien sont retrouvés ? | Faux négatifs |
Exemple professionnel
Un système doit détecter les messages contenant une demande de résiliation.
Une faible précision signifie qu’il signale à tort des messages qui ne sont pas des demandes de résiliation.
Un faible rappel signifie qu’il oublie certaines demandes réelles.
Le choix entre les deux dépend notamment des conséquences respectives de ces erreurs.
25. Comprendre le score F1
Le score F1 combine précision et rappel au moyen de leur moyenne harmonique.
F1 = 2 × précision × rappel ÷ (précision + rappel).
Dans cette formule, les valeurs doivent être exprimées sur la même échelle.
Exemple
Précision = 0,80.
Rappel = 0,75.
F1 = 2 × 0,80 × 0,75 ÷ (0,80 + 0,75).
F1 = 1,20 ÷ 1,55.
F1 ≈ 0,7742, soit 77,42 %.
Le score F1 est utile lorsqu’on souhaite résumer l’équilibre entre précision et rappel.
Si la précision et le rappel sont tous deux nuls, la formule présente un dénominateur nul. Dans les évaluations pratiques, le score F1 est généralement défini à zéro dans ce cas, selon la convention retenue.
Le F1 ne remplace pas l’examen séparé des faux positifs et des faux négatifs.
26. Utiliser une matrice de confusion
Une matrice de confusion permet de comparer les classifications produites par un système aux catégories réelles.
Dans un problème binaire, elle distingue quatre situations.
| Situation | Prédiction positive | Prédiction négative |
|---|---|---|
| Cas réellement positif | Vrai positif (VP) | Faux négatif (FN) |
| Cas réellement négatif | Faux positif (FP) | Vrai négatif (VN) |
Cette représentation permet de comprendre la nature des erreurs plutôt que de regarder uniquement un score global.
27. Calculer l’exactitude d’une classification
Dans une tâche de classification, l’accuracy, parfois appelée exactitude globale, correspond à la proportion de prédictions correctes.
Accuracy = (VP + VN) ÷ (VP + VN + FP + FN).
Exemple
Une IA classe 100 messages :
- 30 vrais positifs ;
- 50 vrais négatifs ;
- 10 faux positifs ;
- 10 faux négatifs.
Accuracy = (30 + 50) ÷ 100 × 100.
Résultat : 80 %.
Cette mesure est simple, mais elle peut être trompeuse lorsque les classes sont très déséquilibrées.
28. Attention aux classes déséquilibrées
Un jeu de données est déséquilibré lorsqu’une catégorie est beaucoup plus fréquente qu’une autre.
Exemple
Sur 1 000 messages :
- 990 sont des messages ordinaires ;
- 10 sont des réclamations urgentes.
Un système qui classe systématiquement tous les messages comme ordinaires obtient :
990 ÷ 1 000 × 100 = 99 % d’accuracy.
Mais il ne détecte aucune des 10 réclamations urgentes.
Son rappel pour la catégorie « réclamation urgente » est donc de 0 %.
Un taux global élevé peut masquer l’échec complet d’une catégorie rare mais importante.
29. Évaluer les réponses ouvertes
Les réponses ouvertes sont plus difficiles à évaluer que les calculs ou les classifications simples.
Par exemple, plusieurs résumés différents peuvent être corrects sans utiliser les mêmes mots.
Il faut donc distinguer :
- la présence des informations essentielles ;
- la fidélité au document ;
- l’absence d’invention ;
- la clarté ;
- le respect de la longueur ;
- la cohérence.
Une comparaison purement textuelle ne suffit pas toujours.
Exemple
Document : « La réunion est reportée au mardi 12 mai. »
Réponse A : « La réunion aura lieu le 12 mai, un mardi. »
Réponse B : « Le rendez-vous collectif a été décalé au mardi 12 mai. »
Les formulations diffèrent, mais elles peuvent exprimer la même information.
30. Les limites des mesures de similarité textuelle
Certains outils comparent une réponse générée à une réponse de référence.
Ils peuvent mesurer des correspondances de mots, de séquences ou des proximités sémantiques.
Ces mesures peuvent être utiles, mais elles présentent des limites.
- Deux réponses correctes peuvent utiliser des formulations différentes.
- Deux textes proches peuvent contenir une différence factuelle essentielle.
- Un score de similarité élevé ne garantit pas l’exactitude.
- La qualité de la référence influence le résultat.
Exemple
Référence : « Le résultat est positif de 8 000 €. »
Réponse : « Le résultat est négatif de 8 000 €. »
Les deux phrases sont très proches sur le plan lexical, mais leur signification financière est opposée.
31. Mesurer les informations inventées
Une IA peut produire des affirmations qui ne sont pas justifiées par les données fournies ou par des sources fiables.
Dans une tâche d’extraction ou de résumé documentaire, il faut contrôler la fidélité à la source.
On peut notamment compter :
- les affirmations correctement appuyées par le document ;
- les affirmations contredites par le document ;
- les affirmations non vérifiables à partir du document.
Exemple
Document : « La livraison est prévue prochainement. »
Réponse de l’IA : « La livraison aura lieu vendredi à 14 heures. »
La date et l’heure ne figurent pas dans le document.
La réponse introduit donc des informations non justifiées.
Une affirmation non étayée par un document n’est pas nécessairement fausse dans l’absolu. Elle est toutefois inappropriée si la tâche exige de s’appuyer exclusivement sur ce document.
32. Mesurer la qualité des citations et des sources
Lorsqu’une réponse contient des références, il faut vérifier :
- que les sources existent ;
- qu’elles sont pertinentes ;
- qu’elles soutiennent effectivement les affirmations ;
- que les dates et les versions sont adaptées ;
- que les citations ne sont pas attribuées à tort.
La présence d’une liste de sources ne constitue pas une preuve de fiabilité. Une référence peut être réelle mais ne pas soutenir l’affirmation qui lui est associée.
33. Évaluer les sorties structurées
Lorsqu’une IA doit produire un tableau, un CSV ou un JSON, la qualité comporte une dimension technique.
Pour un JSON, on peut vérifier :
- la validité syntaxique ;
- la présence des clés obligatoires ;
- le type des valeurs ;
- le respect d’un schéma ;
- l’exactitude des données ;
- l’absence de texte supplémentaire non autorisé.
Un JSON peut être parfaitement valide tout en contenant des informations fausses.
Validité technique : le fichier ou la structure peut-il être traité correctement ?
Validité métier : les données sont-elles exactes, complètes et conformes aux règles du domaine ?
34. Automatiser les contrôles déterministes
Un contrôle est déterministe lorsqu’une règle explicite permet de vérifier le résultat de manière reproductible.
Par exemple :
- vérifier qu’un JSON est valide ;
- contrôler qu’une valeur appartient à une liste autorisée ;
- recalculer une opération ;
- comparer une date à un format attendu ;
- vérifier la présence d’une colonne ;
- contrôler qu’un identifiant respecte une expression régulière.
Ces contrôles sont souvent plus fiables qu’une simple demande à une IA de s’autoévaluer.
Exemple de règle
Une application peut vérifier cette règle directement, sans demander à un modèle de juger la réponse.
35. Évaluer avec une intervention humaine
Certains critères exigent une expertise ou un jugement contextualisé.
C’est notamment le cas pour :
- la pertinence d’une recommandation ;
- la qualité pédagogique ;
- le caractère approprié d’un ton ;
- la compréhension d’une situation complexe ;
- les risques liés à une décision professionnelle.
Une évaluation humaine doit toutefois être organisée.
Il faut fournir des consignes claires et, lorsque cela est pertinent, plusieurs exemples de notation.
36. Mesurer l’accord entre évaluateurs
Deux personnes peuvent attribuer des notes différentes à une même réponse.
On parle d’accord interévaluateurs pour décrire le degré de concordance entre leurs jugements.
Exemple
Deux évaluateurs examinent 20 réponses et décident si chacune est conforme ou non.
Ils donnent la même décision sur 17 réponses.
Accord brut = 17 ÷ 20 × 100 = 85 %.
Ce résultat indique leur proportion de décisions identiques.
Il ne prouve pas que leurs décisions sont correctes.
Pour certaines analyses, des indicateurs plus élaborés, comme le coefficient kappa, permettent de tenir compte d’une partie de l’accord attendu par hasard.
37. Utiliser une IA comme évaluateur
Un modèle peut aider à analyser une réponse selon une grille.
Il peut notamment :
- repérer des sections manquantes ;
- comparer une réponse à des critères ;
- signaler des contradictions possibles ;
- proposer une justification pour chaque note ;
- identifier des points nécessitant une vérification.
Mais il peut également se tromper.
Une note produite par une IA n’est pas une mesure indépendante garantie.
Le modèle évaluateur peut être influencé par le style, la longueur, l’ordre de présentation ou les mêmes erreurs que le modèle évalué.
38. Exemple de prompt d’évaluation
Ce prompt peut assister un évaluateur, mais ne remplace pas les contrôles factuels ou techniques nécessaires.
39. Évaluer plusieurs réponses de manière comparable
Pour comparer plusieurs réponses, il faut appliquer :
- la même tâche ;
- les mêmes références ;
- la même grille ;
- les mêmes règles de notation ;
- les mêmes critères éliminatoires.
Lorsque cela est possible, il est utile de masquer l’origine des réponses et d’alterner leur ordre de présentation.
Cette précaution limite certains biais de préférence.
40. Calculer une moyenne de scores
Pour résumer plusieurs évaluations, on peut calculer une moyenne arithmétique.
Moyenne = somme des scores ÷ nombre de scores.
Exemple
Scores obtenus sur cinq réponses :
70, 80, 90, 60 et 100.
Somme = 400.
Moyenne = 400 ÷ 5 = 80/100.
La moyenne donne une vue d’ensemble, mais ne décrit pas à elle seule la dispersion des résultats.
41. Comprendre la médiane
La médiane est la valeur centrale d’une série de scores classés dans l’ordre.
Exemple
Scores : 20, 75, 80, 85, 90.
La médiane est 80.
La moyenne est :
(20 + 75 + 80 + 85 + 90) ÷ 5 = 70.
La valeur faible de 20 influence fortement la moyenne, tandis que la médiane reste à 80.
La médiane peut donc compléter utilement la moyenne.
42. Mesurer la dispersion
La dispersion décrit la manière dont les résultats varient.
Deux prompts peuvent avoir la même moyenne mais une régularité différente.
Exemple
Prompt A : 100, 100, 100, 50, 50.
Prompt B : 80, 80, 80, 80, 80.
Moyenne A = 80.
Moyenne B = 80.
Étendue A = 100 − 50 = 50 points.
Étendue B = 80 − 80 = 0 point.
Les moyennes sont identiques, mais les résultats du prompt A sont plus dispersés dans cet exemple.
L’étendue est un indicateur simple. Pour des analyses plus approfondies, on peut également utiliser l’écart-type ou des quantiles.
43. Comprendre les limites des petits échantillons
Un échantillon de quelques réponses peut donner une première indication, mais il ne suffit pas toujours pour conclure.
Exemple
Un prompt réussit 5 essais sur 5.
Taux observé : 100 %.
Ce résultat ne prouve pas qu’il réussira toutes les futures demandes.
Il faut considérer :
- le nombre de cas ;
- leur diversité ;
- les conditions de test ;
- la variabilité du modèle ;
- les conséquences des erreurs.
Les analyses statistiques peuvent aider à quantifier l’incertitude, mais elles nécessitent un protocole et des hypothèses adaptés.
44. Mesurer la qualité dans le temps
La qualité observée peut évoluer lorsque :
- le modèle change ;
- le prompt est modifié ;
- les données d’entrée évoluent ;
- de nouveaux types de demandes apparaissent ;
- les règles métier sont mises à jour.
Il est donc utile de conserver un jeu de tests de référence et de réévaluer régulièrement le système lorsque des changements significatifs interviennent.
Conservez la date, la version du modèle, la version du prompt, le jeu de tests et les résultats. Cela permet de comprendre les variations observées.
45. Construire un tableau de bord de qualité
Un tableau de bord permet de suivre plusieurs indicateurs sans les confondre.
Exemple fictif — 100 tickets informatiques
| Indicateur | Résultat | Objectif interne |
|---|---|---|
| Format conforme | 98 % | 100 % |
| Champs obligatoires présents | 95 % | 100 % |
| Équipement correctement identifié | 92 % | 95 % |
| Aucune priorité inventée | 100 % | 100 % |
| Tickets entièrement conformes | 88 % | 95 % |
Ces résultats sont illustratifs.
Les objectifs sont des choix internes fictifs et non des seuils universels.
Le tableau montre qu’un système peut respecter parfaitement un critère tout en restant insuffisant sur d’autres.
46. Cas pratique complet : évaluer des tickets informatiques
Situation professionnelle
Une entreprise utilise une IA pour transformer les messages des utilisateurs en tickets de support.
Chaque ticket doit comporter :
- un titre ;
- une description ;
- l’équipement concerné ;
- une priorité justifiée par les règles disponibles ;
- les informations manquantes.
Demande utilisateur
Réponse générée par l’IA
Analyse
La réponse reprend correctement plusieurs éléments de la demande.
Mais la priorité « Critique » n’est pas justifiée par les informations fournies.
En l’absence de règle de qualification, l’IA ne peut pas attribuer cette priorité de manière fiable.
Grille d’évaluation
| Critère | Résultat | Justification |
|---|---|---|
| Titre présent | Conforme | Le titre est renseigné. |
| Description fidèle | Conforme | Les symptômes sont correctement repris. |
| Équipement identifié | Conforme | Le service concerné est indiqué. |
| Priorité justifiée | Non conforme | Aucune règle ne justifie « Critique ». |
| Données manquantes signalées | Conforme | Le modèle inconnu est mentionné. |
Calcul de complétude des champs
Les cinq champs demandés sont présents.
Complétude structurelle : 5 ÷ 5 × 100 = 100 %.
Calcul de conformité des critères
Quatre critères sont satisfaits sur cinq.
4 ÷ 5 × 100 = 80 %.
Décision
Si la priorité justifiée est un critère obligatoire, le ticket doit être corrigé malgré sa complétude structurelle de 100 %.
Réponse corrigée
La réponse corrigée évite d’attribuer arbitrairement une priorité.
Elle propose également des informations complémentaires utiles au diagnostic, sans les présenter comme des faits établis.
La présence de tous les champs ne garantit pas que leur contenu est correct.
La mesure de qualité doit distinguer structure, exactitude, pertinence et respect des règles métier.
47. Construire un protocole complet de mesure
Une évaluation rigoureuse peut suivre les étapes suivantes.
Il faut ensuite analyser les échecs, vérifier les limites et décider des améliorations à apporter.
48. Modèle de fiche d’évaluation réutilisable
49. Exercice 1 — Évaluer une réponse selon une grille
ApplicationUne fiche pédagogique doit contenir :
- une définition correcte ;
- deux exemples ;
- une limite ;
- une conclusion ;
- un vocabulaire adapté aux débutants.
La réponse produite contient une définition correcte, deux exemples pertinents, une conclusion et un vocabulaire adapté.
Elle ne présente aucune limite.
Travail demandé :
- Déterminez le nombre de critères satisfaits.
- Calculez le taux de conformité en considérant les cinq critères de même importance.
- Expliquez pourquoi cette mesure ne suffit pas à évaluer toute la qualité pédagogique.
- Proposez une amélioration du prompt.
Afficher la correction détaillée
1. Critères satisfaits
Quatre critères sur cinq sont satisfaits.
Le critère manquant est la présentation d’une limite.
2. Calcul
4 ÷ 5 × 100 = 80 %.
3. Limite du résultat
Le taux de 80 % indique seulement la proportion des critères binaires satisfaits.
Il ne mesure pas directement la profondeur des explications, la qualité des exemples ou l’efficacité pédagogique auprès de véritables apprenants.
4. Amélioration
Cette variante devra être testée pour vérifier qu’elle améliore effectivement la présence et la pertinence des limites.
50. Exercice 2 — Calculer un score pondéré
ApplicationUne réponse est évaluée sur quatre critères.
| Critère | Score sur 100 | Poids |
|---|---|---|
| Exactitude | 80 | 40 % |
| Complétude | 90 | 30 % |
| Clarté | 70 | 20 % |
| Présentation | 100 | 10 % |
Travail demandé :
- Vérifiez que les poids totalisent 100 %.
- Calculez la contribution de chaque critère.
- Calculez le score pondéré.
- Expliquez pourquoi une note élevée ne garantit pas l’absence d’erreur critique.
Afficher la correction détaillée
1. Somme des poids
40 + 30 + 20 + 10 = 100 %.
2. Contributions
- Exactitude : 80 × 0,40 = 32.
- Complétude : 90 × 0,30 = 27.
- Clarté : 70 × 0,20 = 14.
- Présentation : 100 × 0,10 = 10.
3. Score final
32 + 27 + 14 + 10 = 83/100.
4. Interprétation
Le score global est de 83/100 selon cette grille.
Mais une erreur critique peut subsister dans les 20 points perdus sur l’exactitude.
Il faut donc examiner les erreurs individuellement et appliquer les éventuels critères éliminatoires.
51. Exercice 3 — Calculer précision, rappel et F1
EntraînementUn système classe des courriels comme « réclamation » ou « autre message ».
Sur 100 courriels :
- 30 vrais positifs ;
- 10 faux positifs ;
- 5 faux négatifs ;
- 55 vrais négatifs.
Travail demandé :
- Calculez la précision.
- Calculez le rappel.
- Calculez le score F1.
- Calculez l’accuracy.
- Expliquez les différences entre ces indicateurs.
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1. Précision
VP ÷ (VP + FP)
30 ÷ (30 + 10) = 30 ÷ 40 = 75 %.
2. Rappel
VP ÷ (VP + FN)
30 ÷ (30 + 5) = 30 ÷ 35 ≈ 85,71 %.
3. F1
F1 = 2 × VP ÷ (2 × VP + FP + FN).
F1 = 60 ÷ (60 + 10 + 5).
F1 = 60 ÷ 75 = 80 %.
4. Accuracy
(VP + VN) ÷ Total.
(30 + 55) ÷ 100 = 85 %.
5. Interprétation
- Précision : 75 % des messages classés comme réclamations le sont réellement.
- Rappel : environ 85,71 % des réclamations réelles ont été détectées.
- F1 : 80 %, synthèse de la précision et du rappel.
- Accuracy : 85 % des 100 classifications sont correctes.
Ces mesures décrivent des aspects différents du comportement du système.
52. Exercice 4 — Détecter un score trompeur
EntraînementUne IA traite 500 messages.
Parmi eux :
- 490 sont ordinaires ;
- 10 sont des demandes urgentes.
L’IA classe tous les messages comme ordinaires.
Travail demandé :
- Calculez son accuracy.
- Calculez le rappel pour les demandes urgentes.
- Expliquez pourquoi l’accuracy est trompeuse.
- Proposez deux indicateurs supplémentaires.
- Indiquez une amélioration du protocole de test.
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1. Accuracy
490 classifications correctes sur 500.
490 ÷ 500 × 100 = 98 %.
2. Rappel des urgences
Aucune des 10 demandes urgentes n’a été détectée.
0 ÷ 10 × 100 = 0 %.
3. Interprétation
L’accuracy élevée résulte principalement de la fréquence des messages ordinaires.
Elle masque l’échec complet de la détection des urgences.
4. Indicateurs supplémentaires
Il est utile de suivre :
- le rappel des demandes urgentes ;
- le nombre de faux négatifs ;
- la précision lorsque des urgences sont effectivement signalées.
Dans ce cas précis, aucun message n’étant prédit urgent, la précision pour cette classe a un dénominateur nul. Elle est mathématiquement indéfinie sans convention particulière.
5. Protocole amélioré
Constituer un jeu de tests contenant suffisamment de demandes urgentes et de cas ambigus pour analyser leur détection.
Conserver également un jeu représentatif des proportions réelles pour mesurer les performances dans les conditions habituelles.
53. Exercice 5 — Cas pratique d’évaluation professionnelle
SynthèseSituation
Une entreprise utilise une IA pour produire des comptes rendus de réunion.
Chaque compte rendu doit :
- identifier toutes les décisions ;
- recenser toutes les actions ;
- attribuer correctement les responsables ;
- ne pas inventer d’échéances ;
- respecter un format imposé.
Résultats fictifs
Deux prompts sont testés sur les mêmes 20 réunions.
| Critère | Prompt A | Prompt B |
|---|---|---|
| Décisions complètes | 15/20 | 18/20 |
| Actions complètes | 14/20 | 17/20 |
| Responsables exacts | 16/20 | 18/20 |
| Aucune échéance inventée | 18/20 | 20/20 |
| Format conforme | 17/20 | 19/20 |
Travail demandé :
- Calculez les taux de conformité pour chaque critère.
- Identifiez les améliorations les plus importantes.
- Expliquez pourquoi les résultats ne permettent pas de calculer exactement le taux de comptes rendus entièrement conformes.
- Identifiez les critères critiques.
- Proposez une méthode d’évaluation complémentaire.
- Formulez une conclusion professionnelle prudente.
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1. Calcul des taux
| Critère | A | B | Écart |
|---|---|---|---|
| Décisions | 75 % | 90 % | +15 points |
| Actions | 70 % | 85 % | +15 points |
| Responsables | 80 % | 90 % | +10 points |
| Échéances non inventées | 90 % | 100 % | +10 points |
| Format | 85 % | 95 % | +10 points |
2. Principales améliorations
Les décisions et les actions progressent chacune de 15 points de pourcentage.
La variante B atteint également 100 % sur l’absence d’échéances inventées dans les essais observés.
3. Taux global inconnu
Le tableau indique combien de comptes rendus respectent chaque critère.
Il ne précise pas quels comptes rendus satisfont simultanément tous les critères.
On ne peut donc pas déterminer exactement le taux de comptes rendus entièrement conformes.
Il faut les résultats détaillés de chaque réunion.
4. Critères critiques
Selon les règles de l’entreprise, les critères critiques pourraient être :
- l’exactitude des décisions ;
- l’exactitude des responsables ;
- l’absence d’échéances inventées.
Ces choix doivent être validés avant l’évaluation.
5. Évaluation complémentaire
Il est recommandé de :
- vérifier chaque compte rendu individuellement ;
- identifier les erreurs critiques ;
- calculer le taux de conformité complète ;
- tester de nouvelles réunions ;
- répéter certains essais ;
- documenter les conditions de génération.
6. Conclusion
Sur les 20 réunions étudiées, le prompt B obtient de meilleurs résultats pour chacun des cinq critères mesurés.
Il constitue donc une variante prometteuse.
Il faut toutefois poursuivre les vérifications avant de conclure qu’il est suffisamment fiable pour une utilisation sans contrôle humain.
54. Questions fréquentes — 20 questions
1. Qu’est-ce que la qualité d’une réponse IA ?
C’est son adéquation aux objectifs, aux données et aux exigences de la tâche.
2. Pourquoi une réponse bien rédigée peut-elle être mauvaise ?
Parce qu’elle peut contenir des erreurs ou ne pas respecter les consignes malgré une présentation convaincante.
3. Quelle différence entre exactitude et pertinence ?
L’exactitude concerne la correction des informations. La pertinence concerne leur adéquation à la demande.
4. Qu’est-ce que la complétude ?
C’est la présence des éléments nécessaires ou obligatoires.
5. Comment mesurer le respect d’un format ?
En vérifiant des règles explicites : structure, champs, syntaxe et types attendus.
6. Qu’est-ce qu’une grille de notation ?
Un ensemble de critères accompagnés de règles permettant d’attribuer des évaluations cohérentes.
7. Qu’est-ce qu’un score pondéré ?
Un score qui tient compte de l’importance relative des critères.
8. Pourquoi un score global peut-il être trompeur ?
Parce qu’il peut masquer une erreur critique ou une faiblesse importante sur un critère.
9. Qu’est-ce qu’un critère éliminatoire ?
Une exigence dont le non-respect entraîne le rejet, indépendamment des autres scores.
10. Quelle différence entre précision et rappel ?
La précision mesure la justesse des éléments signalés. Le rappel mesure la proportion des éléments réellement présents qui sont retrouvés.
11. À quoi sert le score F1 ?
À synthétiser la précision et le rappel au moyen de leur moyenne harmonique.
12. Qu’est-ce qu’une matrice de confusion ?
Un tableau comparant les catégories prédites aux catégories réelles.
13. Pourquoi l’accuracy peut-elle être trompeuse ?
Parce qu’elle peut être élevée même lorsque le système échoue sur une catégorie rare.
14. Peut-on évaluer automatiquement toutes les réponses ?
Non. Certains critères nécessitent une interprétation humaine ou des références externes.
15. Une IA peut-elle noter une autre IA ?
Oui, mais cette notation peut comporter des biais et des erreurs. Elle doit être contrôlée selon les enjeux.
16. Pourquoi mesurer l’accord entre évaluateurs ?
Pour examiner si plusieurs personnes appliquent la grille de manière cohérente.
17. Quelle différence entre moyenne et médiane ?
La moyenne additionne les scores puis divise par leur nombre. La médiane correspond à la valeur centrale des scores ordonnés.
18. Pourquoi tester plusieurs réponses ?
Pour observer les erreurs, la variabilité et le comportement sur différentes situations.
19. Peut-on garantir la fiabilité avec un taux de réussite de 100 % ?
Non. Un résultat parfait sur un échantillon limité ne garantit pas l’absence d’erreurs futures.
20. Quelle est la règle essentielle de l’évaluation ?
Définir les critères avant de mesurer, utiliser des références adaptées et interpréter les résultats sans leur attribuer une portée excessive.
55. Glossaire
| Terme | Définition |
|---|---|
| Qualité | Adéquation d’une réponse aux exigences de la tâche. |
| Exactitude | Conformité des informations aux faits ou aux références. |
| Pertinence | Adéquation de la réponse à la demande. |
| Complétude | Présence des éléments attendus. |
| Conformité | Respect des règles et des consignes. |
| Clarté | Facilité de compréhension. |
| Cohérence | Compatibilité logique des différentes parties. |
| Fiabilité | Régularité suffisante du comportement selon l’usage. |
| Indicateur | Mesure décrivant une dimension du résultat. |
| Critère | Exigence utilisée pour évaluer une réponse. |
| Grille de notation | Ensemble structuré de critères et de règles de notation. |
| Pondération | Attribution d’un poids à un critère. |
| Score pondéré | Combinaison de scores tenant compte de leurs poids. |
| Seuil | Valeur minimale requise pour une validation. |
| Vrai positif | Élément positif correctement identifié. |
| Faux positif | Élément signalé positif à tort. |
| Faux négatif | Élément positif non détecté. |
| Vrai négatif | Élément négatif correctement identifié. |
| Précision | Proportion de prédictions positives correctes. |
| Rappel | Proportion des cas positifs réellement détectés. |
| Score F1 | Moyenne harmonique de la précision et du rappel. |
| Accuracy | Proportion globale des classifications correctes. |
| Matrice de confusion | Tableau des classifications correctes et incorrectes. |
| Médiane | Valeur centrale d’une série ordonnée. |
| Dispersion | Variabilité des valeurs d’une série. |
| Accord interévaluateurs | Degré de concordance entre plusieurs évaluateurs. |
56. Les dix idées essentielles à retenir
- La qualité d’une réponse dépend de la tâche et de ses exigences.
- Une réponse agréable à lire n’est pas nécessairement exacte.
- Il faut distinguer exactitude, pertinence, complétude, conformité et clarté.
- Une grille de notation doit être définie avant l’évaluation.
- Les critères critiques ne doivent pas être masqués par un score global.
- Les scores pondérés permettent de tenir compte de l’importance des critères.
- La précision, le rappel et le F1 sont utiles pour certaines tâches d’extraction ou de classification.
- Les évaluations automatiques et humaines possèdent chacune des avantages et des limites.
- Un taux de réussite élevé sur quelques essais ne garantit pas la fiabilité générale.
- La mesure doit conduire à une décision argumentée et à des améliorations vérifiables.
Mesurer la qualité d’une réponse consiste à répondre à quatre questions :
- Que doit faire la réponse ?
- Comment vérifier qu’elle le fait correctement ?
- Quels résultats observe-t-on réellement ?
- Que peut-on raisonnablement conclure de ces résultats ?
Une mesure utile doit être compréhensible, reproductible autant que possible et adaptée aux risques de la tâche.
57. Ressources complémentaires
- OpenAI — Evals : principes et outils d’évaluation des applications utilisant des modèles.
- OpenAI — Prompt engineering : conception et amélioration des instructions.
- Scikit-learn — Model evaluation : documentation des métriques de classification, dont la précision, le rappel et le F1.
- Scikit-learn — Confusion matrix : définition et utilisation des matrices de confusion.
- NIST — AI Risk Management Framework : cadre de référence pour l’identification, la mesure et la gestion des risques de l’IA.
Les résultats chiffrés présentés dans les exemples et les exercices sont fictifs et destinés à l’apprentissage des méthodes d’évaluation. Ils ne constituent pas des mesures réelles de performances commerciales.
58. Passer à la pratique
Pour consolider vos acquis, entraînez-vous à :
- définir les critères de qualité d’une réponse ;
- créer une grille de notation ;
- identifier les erreurs critiques ;
- calculer des scores simples et pondérés ;
- mesurer précision, rappel et F1 ;
- analyser une matrice de confusion ;
- comparer plusieurs variantes de prompts ;
- interpréter les résultats sans généralisation abusive ;
- proposer des améliorations ciblées.
59. Préparer le cours suivant
Vous savez désormais définir et mesurer plusieurs dimensions de la qualité d’une réponse générée par une intelligence artificielle.
Le prochain cours abordera l’organisation d’une bibliothèque de prompts.
Vous apprendrez à classer vos modèles d’instructions, gérer leurs versions, documenter leurs usages et retrouver rapidement les prompts adaptés à vos besoins.
13 cours sur 15 — Vous savez évaluer les réponses à l’aide de critères, de grilles et d’indicateurs adaptés.
Exercices du cours
Entraînez-vous avec 15 exercices progressifs. Ouvrez un exercice pour répondre, puis afficher sa correction.
