Enregistrer les opérations bancaires

Le compte bancaire de l’entreprise enregistre quotidiennement de nombreux mouvements : encaissements clients, règlements fournisseurs, prélèvements, frais bancaires, remboursements, intérêts, virements entre comptes ou encore opérations dont l’origine n’est pas immédiatement identifiable. Dans un logiciel comptable, enregistrer la banque ne consiste donc pas à recopier un relevé ligne par ligne. Il faut comprendre chaque mouvement, identifier sa contrepartie, éviter de comptabiliser deux fois une opération déjà enregistrée et contrôler que le compte 512 traduit correctement les opérations connues de l’entreprise. Ce cours vous apprend à passer du mouvement bancaire à l’écriture comptable, manuellement ou à partir d’un import bancaire.

À la fin de ce cours, vous saurez :
  • comprendre le rôle du compte 512 Banque ;
  • comprendre le rôle du journal de banque ;
  • lire un relevé bancaire dans une logique comptable ;
  • distinguer entrée et sortie de trésorerie ;
  • identifier la contrepartie d’un mouvement bancaire ;
  • distinguer un règlement d’une charge ou d’un produit directement constaté en banque ;
  • enregistrer les principales opérations bancaires courantes ;
  • traiter les frais et produits bancaires courants ;
  • comprendre les virements entre comptes de trésorerie ;
  • utiliser correctement le compte 58 lorsqu’il est nécessaire ;
  • comprendre le fonctionnement d’un import ou d’une synchronisation bancaire ;
  • contrôler une affectation proposée automatiquement par le logiciel ;
  • repérer les doublons ;
  • traiter avec prudence les mouvements non identifiés ;
  • comprendre pourquoi le solde comptable et le solde bancaire peuvent temporairement différer ;
  • préparer le contrôle et le rapprochement bancaire.

1. À quoi sert la comptabilité bancaire ?

L’entreprise doit enregistrer les mouvements qui affectent ses comptes bancaires.

La comptabilité bancaire permet notamment de savoir :

  • quelles sommes ont été encaissées ;
  • quelles sommes ont été décaissées ;
  • à quelles opérations correspondent ces mouvements ;
  • quels clients ont payé ;
  • quels fournisseurs ont été réglés ;
  • quels frais ont été prélevés ;
  • quels autres mouvements ont affecté la trésorerie ;
  • si les mouvements comptabilisés sont cohérents avec les informations bancaires disponibles.

2. Le compte 512 Banque

512 — Banques

Le compte 512 est utilisé pour suivre les avoirs et les mouvements sur les comptes bancaires de l’entreprise.

Dans une situation courante :

Argent qui entre

Le compte bancaire augmente.

512 au débit

Argent qui sort

Le compte bancaire diminue.

512 au crédit

Pour raisonner sur le compte 512 dans les situations ordinaires : entrée d’argent → débit ; sortie d’argent → crédit.

3. Attention : la banque présente les mouvements de son propre point de vue

C’est une source classique de confusion pour les débutants.

Le relevé bancaire est produit par la banque.

La comptabilité de l’entreprise, elle, est tenue du point de vue de l’entreprise.

Un client verse : 2 000 €.

Pour l’entreprise, son avoir bancaire augmente.

En comptabilité : 512 au débit de 2 000 €.

Ne déduisez pas mécaniquement le débit ou le crédit comptable à partir de la présentation du relevé bancaire.

Raisonnez d’abord du point de vue de l’entreprise.

4. Le journal de banque

Journal de banque

Journal dans lequel sont enregistrées les opérations concernant un compte bancaire déterminé selon l’organisation comptable retenue.

Un dossier peut par exemple comporter :

  • BQ1 — Banque A ;
  • BQ2 — Banque B ;
  • CB — compte ou flux spécifique selon l’organisation ;
  • d’autres journaux de trésorerie selon les besoins de l’entreprise.

Les codes sont propres au paramétrage du dossier.

5. Plusieurs banques = plusieurs comptes possibles

Une entreprise peut posséder plusieurs comptes bancaires.

Compte courant Banque A : 512100

Compte courant Banque B : 512200

Cette subdivision permet de suivre séparément chaque compte bancaire.

Le logiciel doit permettre de savoir quel mouvement appartient à quel compte bancaire.

6. Le relevé bancaire est une source d’information

Le relevé permet d’observer les mouvements passés par la banque.

Date Libellé Montant
03/11 Virement client Nova + 2 400 €
04/11 Virement OfficePro − 840 €
05/11 Frais bancaires − 18 €

Mais ces trois lignes ne correspondent pas nécessairement au même type d’écriture comptable.

7. Chaque mouvement doit être analysé

Pour chaque ligne, il faut se demander :

  1. L’argent entre-t-il ou sort-il ?
  2. Quelle est la nature économique du mouvement ?
  3. Quel compte bancaire est concerné ?
  4. Existe-t-il déjà une facture comptabilisée ?
  5. Un compte client ou fournisseur doit-il être utilisé ?
  6. S’agit-il directement d’une charge ou d’un produit ?
  7. Existe-t-il une pièce justificative ?
  8. Le mouvement a-t-il déjà été comptabilisé ?

8. Première grande catégorie : règlement d’une facture déjà comptabilisée

Le cours précédent a montré le mécanisme.

Facture fournisseur déjà enregistrée : 840 €.

Paiement bancaire : 840 €.

L’écriture est :

Compte Débit Crédit
401 — Fournisseur 840 € —
512 — Banque — 840 €
Il ne faut pas comptabiliser une seconde fois l’achat.

9. Encaissement d’une facture client déjà comptabilisée

Créance client : 2 400 €.

Virement reçu : 2 400 €.

Compte Débit Crédit
512 — Banque 2 400 € —
411 — Client — 2 400 €

L’encaissement diminue la créance client.

10. Deuxième grande catégorie : opération constatée directement par la banque

Tous les mouvements bancaires ne correspondent pas au règlement d’une facture fournisseur ou client déjà comptabilisée.

Certaines opérations peuvent être découvertes ou constatées directement à partir des informations bancaires et de leur justificatif.

La banque prélève 18 € de frais bancaires.

Dans une situation courante, on constate alors directement la charge correspondante.

11. Exemple : frais bancaires

Compte Débit Crédit
627 — Services bancaires et assimilés 18 € —
512 — Banque — 18 €

Ici, le compte 401 n’intervient pas : le mouvement n’est pas présenté comme le règlement d’une dette fournisseur déjà enregistrée.

12. Attention : tous les frais bancaires ne se traitent pas nécessairement de manière identique

Le libellé « frais bancaires » peut recouvrir différentes opérations.

Il faut donc consulter la pièce ou le détail correspondant avant de choisir le compte.

On ne choisit pas un compte uniquement parce que le relevé contient le mot « frais ».

13. Les intérêts débiteurs

Une banque peut prélever des intérêts liés notamment à un financement ou à une situation débitrice.

Dans le cas approprié, les intérêts constituent une charge financière.

Intérêts débiteurs : 45 €.

Compte Débit Crédit
Compte de charge d’intérêts approprié 45 € —
512 — Banque — 45 €

14. Les produits financiers reçus

À l’inverse, certaines opérations bancaires peuvent correspondre à des produits financiers.

Intérêts créditeurs : 30 €.

La logique est alors :

512 Banque au débit

et

compte de produit financier approprié au crédit.

Le compte précis dépend de la nature du produit.

15. Un prélèvement bancaire n’indique pas à lui seul la contrepartie comptable

Relevé :

PRLV FOURNISSEUR X — 600 €

Deux situations sont notamment possibles.

Facture déjà enregistrée

La dette existe déjà.

On utilise le compte fournisseur pour constater son règlement.

Opération non encore enregistrée

Il faut rechercher le justificatif et déterminer le traitement comptable approprié.

« Prélèvement » décrit le mode de paiement. Il ne suffit pas à déterminer la nature comptable de l’opération.

16. Même raisonnement pour un virement reçu

Virement reçu : 5 000 €.

Cela peut correspondre, selon la situation :

  • au règlement d’un client ;
  • à un apport ;
  • à un emprunt reçu ;
  • à un remboursement ;
  • à un transfert entre comptes bancaires de l’entreprise ;
  • à une autre opération justifiée.

Une entrée d’argent n’est pas automatiquement du chiffre d’affaires.

17. Et une sortie d’argent n’est pas automatiquement une charge

Une sortie bancaire peut correspondre :

  • au paiement d’un fournisseur ;
  • au remboursement du capital d’un emprunt ;
  • au paiement d’une dette fiscale ou sociale ;
  • à l’acquisition d’une immobilisation ;
  • à un transfert vers un autre compte bancaire ;
  • à une charge directement constatée ;
  • à une autre opération.

Entrée ≠ produit automatique. Sortie ≠ charge automatique.

18. Exemple : remboursement d’un emprunt

Une échéance d’emprunt peut comprendre plusieurs éléments.

Échéance prélevée : 1 050 €.

dont :

Capital remboursé : 1 000 €

Intérêts : 50 €

Il serait incorrect d’enregistrer les 1 050 € entièrement en charge financière.

Le remboursement du capital diminue la dette financière.

Les intérêts constituent, dans le cas courant, une charge financière.

La banque diminue du montant total payé.

19. Écriture simplifiée de l’échéance

Nature Débit Crédit
Dette d’emprunt 1 000 € —
Charge d’intérêts 50 € —
512 — Banque — 1 050 €
Le relevé bancaire affiche une seule sortie. La comptabilité peut nécessiter plusieurs lignes.

20. Les virements entre deux comptes bancaires de l’entreprise

Une entreprise peut transférer de l’argent d’une banque à une autre.

Virement : 10 000 €

Banque A → Banque B.

L’entreprise ne s’est ni enrichie ni appauvrie de 10 000 €.

Elle a simplement déplacé sa trésorerie.

Un transfert interne n’est ni un produit ni une charge.

21. Le problème des dates lors d’un virement interne

Le mouvement peut ne pas apparaître le même jour sur les deux comptes.

Banque A : sortie le 8 novembre.

Banque B : entrée le 9 novembre.

Si l’on relie directement les deux banques dans une seule écriture, le décalage peut compliquer le suivi chronologique et les contrôles.

22. Le compte 58 — Virements internes

Le plan comptable prévoit le compte 58 pour certaines opérations de virements internes.

58 — Virements internes

Compte de passage permettant notamment de transférer des sommes entre comptes de trésorerie sans constater artificiellement une charge ou un produit.

23. Exemple de virement interne

Transfert de 10 000 € de Banque A vers Banque B.

Dans la banque de départ

Compte Débit Crédit
58 — Virements internes 10 000 € —
512 Banque A — 10 000 €

Dans la banque d’arrivée

Compte Débit Crédit
512 Banque B 10 000 € —
58 — Virements internes — 10 000 €

Une fois les deux mouvements enregistrés, le compte de passage doit se compenser pour cette opération.

24. Le compte 58 est un excellent outil de contrôle

Si le transfert est entièrement traité :

58 débité : 10 000 €

58 crédité : 10 000 €

Solde de l’opération : 0 €

Si une contrepartie manque, le compte peut conserver un montant à analyser.

25. Enregistrement manuel des opérations bancaires

Dans un fonctionnement manuel, l’utilisateur peut saisir chaque mouvement dans le journal de banque.

1. Lire le mouvement.

2. Identifier sa nature.

3. Retrouver le justificatif.

4. Choisir la contrepartie comptable.

5. Saisir l’écriture.

6. Contrôler.

26. Importer un relevé bancaire

Les logiciels modernes permettent souvent d’importer les mouvements bancaires.

L’import peut provenir :

  • d’un fichier bancaire ;
  • d’une connexion bancaire ;
  • d’une synchronisation proposée par le logiciel ;
  • d’un autre système de gestion connecté.

L’objectif est notamment de réduire la ressaisie.

27. Que contient généralement un mouvement importé ?

  • une date ;
  • un libellé ;
  • un montant ;
  • un sens de mouvement ;
  • une référence bancaire éventuelle ;
  • parfois des informations complémentaires.

Mais ces données bancaires ne suffisent pas toujours à déterminer la bonne écriture comptable.

28. Le logiciel peut proposer une affectation

Mouvement : − 840 €

Libellé : VIR OFFICEPRO OP7825

Le logiciel peut reconnaître :

  • OfficePro ;
  • la facture OP7825 ;
  • le montant de 840 €.

Il peut alors proposer :

401 OfficePro / 512 Banque.

29. Une règle automatique peut également être créée

Certains logiciels permettent d’associer certains libellés récurrents à des comptes.

Libellé contenant : ABONNEMENT BANQUE

→ proposition d’un compte de frais bancaires approprié.

Cela peut accélérer le traitement des opérations répétitives.

30. Mais une règle automatique doit rester contrôlée

Ancienne opération : ABONNEMENT SERVICE X

Compte habituel : une charge donnée.

Nouvelle opération : libellé ressemblant, mais nature différente.

Une règle trop large peut produire une mauvaise affectation.

Automatiser une mauvaise règle permet surtout de reproduire l’erreur plus rapidement.

31. L’import bancaire crée un risque de doublon

Supposons qu’un règlement fournisseur ait déjà été saisi manuellement.

Paiement OfficePro : 840 €

Écriture manuelle déjà présente.

Le lendemain, le mouvement bancaire est importé.

Si l’utilisateur crée une nouvelle écriture sans détecter celle qui existe déjà, le paiement sera comptabilisé deux fois.

32. Comment détecter un doublon ?

Le logiciel peut rechercher des ressemblances à partir de :

  • la date ;
  • le montant ;
  • le tiers ;
  • la référence ;
  • le libellé ;
  • les écritures déjà enregistrées.

Mais le contrôle humain reste utile lorsque la correspondance n’est pas certaine.

33. Un mouvement bancaire inconnu

Relevé :

− 327,40 €

Libellé : PRLV 84729XZ

Vous ne savez pas à quoi correspond cette somme.

La mauvaise méthode serait :

« Je vais mettre cela en fournitures pour que la banque soit juste. »
Un compte comptable ne sert pas à faire disparaître une différence.

34. La bonne méthode face à une opération inconnue

  1. Consulter le détail bancaire.
  2. Rechercher le créancier ou l’émetteur.
  3. Rechercher la pièce justificative.
  4. Comparer avec les factures et échéances connues.
  5. Vérifier les opérations récurrentes.
  6. Demander l’information à la personne compétente si nécessaire.
  7. Appliquer la procédure prévue pour les opérations temporairement non identifiées.

35. Les comptes d’attente

Le plan comptable prévoit des comptes permettant de traiter temporairement certaines opérations dont l’imputation définitive ne peut pas encore être déterminée.

Ils ne doivent pas devenir une solution permanente.

Un compte d’attente est temporaire : l’opération doit ensuite être analysée et reclassée correctement.

36. Pourquoi surveiller les comptes d’attente ?

Sans contrôle, ils peuvent accumuler :

  • des mouvements anciens ;
  • des erreurs ;
  • des paiements non affectés ;
  • des opérations sans justificatif retrouvé ;
  • des montants qui auraient dû être reclassés.

Un solde ancien doit donc être expliqué.

37. Le solde comptable de banque

Le logiciel calcule le solde à partir des écritures enregistrées dans le compte 512.

Solde initial : 10 000 €

Encaissements : + 5 000 €

Décaissements : − 3 000 €

Solde comptable :

10 000 + 5 000 − 3 000 = 12 000 €.

38. Le solde du relevé bancaire peut être différent

Supposons :

Solde comptable : 12 000 €

Solde figurant sur le relevé : 11 500 €

Cela ne signifie pas automatiquement qu’une erreur de 500 € a été commise.

Il faut rechercher l’origine de l’écart.

39. Pourquoi les deux soldes peuvent-ils différer ?

Des opérations peuvent être connues de l’entreprise sans avoir encore été enregistrées par la banque, ou inversement.

  • paiement comptabilisé mais pas encore débité par la banque ;
  • encaissement comptabilisé mais pas encore crédité ;
  • frais bancaires apparaissant sur le relevé mais pas encore comptabilisés ;
  • virement reçu non encore identifié en comptabilité ;
  • erreur ou omission à rechercher.

40. C’est pourquoi on effectue un rapprochement bancaire

Rapprochement bancaire

Contrôle consistant à comparer les opérations enregistrées dans la comptabilité de l’entreprise avec celles figurant dans les informations fournies par la banque, afin d’expliquer les différences.

Le rapprochement sera étudié comme une véritable opération de contrôle.

Le but n’est pas de forcer les deux soldes à devenir identiques. Le but est d’expliquer leurs différences.

41. Ne jamais modifier une écriture simplement pour faire correspondre les soldes

Exemple de mauvaise pratique

Écart constaté : 500 €.

L’utilisateur crée une écriture de 500 € sans savoir à quoi elle correspond, uniquement pour obtenir le même solde que la banque.

Cette méthode détruit la fiabilité de la comptabilité.

42. La date du mouvement doit également être comprise

Selon les informations disponibles, plusieurs dates peuvent apparaître dans les données bancaires.

Il faut notamment distinguer les informations de date présentées par la banque et la date comptable retenue selon la nature de l’opération et les règles applicables.

Ne changez pas arbitrairement la période comptable uniquement pour reproduire l’affichage du relevé bancaire.

43. Les pièces justificatives restent indispensables

Un relevé bancaire prouve qu’un mouvement financier a eu lieu.

Mais il ne suffit pas toujours à expliquer complètement sa nature économique.

Relevé : − 1 440 € — FOURNISSEUR X

Cette ligne ne permet pas nécessairement de connaître :

  • ce qui a été acheté ;
  • la facture concernée ;
  • le montant HT ;
  • le traitement de TVA ;
  • la bonne imputation comptable.

Le mouvement bancaire explique le déplacement d’argent. La pièce justificative explique la nature de l’opération.

44. Cas d’erreur : transformer chaque entrée en vente

Virement reçu : 20 000 €.

Il s’agit en réalité du versement d’un emprunt bancaire.

Si l’utilisateur crédite un compte de ventes, il crée artificiellement 20 000 € de chiffre d’affaires.

Une entrée de trésorerie n’est pas nécessairement un produit.

45. Cas d’erreur : transformer chaque sortie en charge

Virement : 5 000 €.

Il s’agit d’un transfert vers un autre compte bancaire de la même entreprise.

Enregistrer 5 000 € dans un compte de charge fausserait le résultat.

46. Cas d’erreur : comptabiliser à nouveau une facture

Une facture fournisseur a déjà été saisie :

Charge : 1 000 €

TVA : 200 €

Dette : 1 200 €

Lors du prélèvement de 1 200 €, l’utilisateur saisit à nouveau :

charge + TVA / banque.

L’achat est alors enregistré deux fois.

Toujours se demander : « La facture existe-t-elle déjà en comptabilité ? »

47. Cas d’erreur : mauvaise banque

Une entreprise possède deux comptes.

Paiement effectué depuis : Banque B.

Écriture enregistrée dans : Banque A.

Le total global de trésorerie peut sembler cohérent, mais les deux comptes 512 deviennent faux individuellement.

48. Cas d’erreur : accepter tous les automatismes

Un logiciel peut reconnaître 90 % des opérations récurrentes et néanmoins se tromper sur certaines d’entre elles.

La qualité d’une automatisation se mesure aussi à la qualité de son contrôle.

49. Cas professionnel complet

Relevé Banque A

Solde initial : 12 000 €

1. Virement client Nova : + 2 400 €

2. Paiement OfficePro : − 840 €

3. Frais bancaires : − 20 €

4. Échéance d’emprunt : − 1 050 €

5. Transfert vers Banque B : − 2 000 €

6. Prélèvement inconnu : − 150 €

50. Mouvement 1 — Virement client

La facture Nova est déjà comptabilisée.

Débit 512 Banque : 2 400 €

Crédit 411 Nova : 2 400 €

Il s’agit de l’encaissement d’une créance existante.

51. Mouvement 2 — Paiement OfficePro

La facture fournisseur est déjà comptabilisée.

Débit 401 OfficePro : 840 €

Crédit 512 Banque : 840 €

52. Mouvement 3 — Frais bancaires

Après contrôle du justificatif, les 20 € correspondent bien à des services bancaires à enregistrer directement.

Débit du compte de charge approprié : 20 €

Crédit 512 Banque : 20 €

53. Mouvement 4 — Échéance d’emprunt

Le tableau d’amortissement indique :

Capital : 1 000 €

Intérêts : 50 €

L’écriture doit distinguer ces deux éléments.

Débit dette d’emprunt : 1 000 €

Débit charge d’intérêts : 50 €

Crédit banque : 1 050 €

54. Mouvement 5 — Transfert vers Banque B

Ce n’est pas une charge.

On utilise le mécanisme de virement interne approprié.

Dans Banque A :

Débit 58 : 2 000 €

Crédit 512 Banque A : 2 000 €

Puis la contrepartie est enregistrée pour Banque B lorsque le mouvement correspondant est traité.

55. Mouvement 6 — Prélèvement inconnu

Aucun justificatif n’est immédiatement retrouvé.

On ne décide pas arbitrairement qu’il s’agit d’une charge.

  1. Analyser le libellé.
  2. Rechercher le bénéficiaire.
  3. Rechercher les pièces.
  4. Interroger les personnes concernées.
  5. Appliquer si nécessaire la procédure temporaire prévue.
  6. Reclasser dès que la nature de l’opération est connue.

56. Calcul du nouveau solde bancaire théorique

À partir des mouvements du cas :

12 000

+ 2 400

− 840

− 20

− 1 050

− 2 000

− 150


= 10 340 €

Ce calcul permet de vérifier la cohérence arithmétique des mouvements étudiés.

57. La méthode professionnelle

  1. Identifier le compte bancaire concerné.
  2. Lire le mouvement sans choisir immédiatement un compte de contrepartie.
  3. Déterminer s’il s’agit d’une entrée ou d’une sortie.
  4. Comprendre la nature économique du mouvement.
  5. Rechercher le justificatif.
  6. Vérifier si l’opération a déjà été comptabilisée.
  7. Identifier le tiers ou la contrepartie.
  8. Choisir les comptes appropriés.
  9. Vérifier la date et le montant.
  10. Contrôler les éventuelles propositions automatiques.
  11. Rechercher les doublons.
  12. Traiter avec prudence les opérations non identifiées.
  13. Vérifier l’équilibre de l’écriture.
  14. Contrôler le solde du compte bancaire.
  15. Préparer le rapprochement avec les informations de la banque.

58. Les erreurs les plus fréquentes

Erreur 1 — Confondre la présentation bancaire et la comptabilité de l’entreprise

Le raisonnement débit/crédit peut être inversé.

Erreur 2 — Considérer toute entrée comme un produit

Un emprunt ou un transfert interne n’est pas du chiffre d’affaires.

Erreur 3 — Considérer toute sortie comme une charge

Un règlement fournisseur, un remboursement de capital ou un transfert interne n’est pas nécessairement une charge.

Erreur 4 — Comptabiliser deux fois une facture

Le règlement d’une facture existante doit solder le tiers, pas recréer l’achat ou la vente.

Erreur 5 — Utiliser le mauvais compte bancaire

Les soldes individuels des banques deviennent faux.

Erreur 6 — Accepter automatiquement une affectation

Le logiciel peut reconnaître un mauvais tiers ou une mauvaise nature d’opération.

Erreur 7 — Créer un doublon lors d’un import

Le mouvement existe déjà mais est comptabilisé une seconde fois.

Erreur 8 — Forcer une opération inconnue dans un compte

Une imputation sans justification rend la comptabilité moins fiable.

Erreur 9 — Laisser indéfiniment des opérations en attente

Les mouvements temporaires doivent être analysés et reclassés.

Erreur 10 — Modifier la comptabilité uniquement pour reproduire le solde bancaire

Une différence doit être expliquée, pas masquée.

59. Checklist avant validation

  • □ bon compte bancaire ;
  • □ bon journal ;
  • □ bonne date ;
  • □ bon montant ;
  • □ entrée ou sortie correctement identifiée ;
  • □ nature économique comprise ;
  • □ justificatif disponible ou recherché ;
  • □ opération déjà comptabilisée ou non vérifiée ;
  • □ bon tiers si nécessaire ;
  • □ bonne contrepartie comptable ;
  • □ absence de doublon ;
  • □ transfert interne correctement identifié ;
  • □ ventilation correcte lorsqu’un mouvement comporte plusieurs éléments ;
  • □ affectation automatique contrôlée ;
  • □ mouvement inconnu non imputé arbitrairement ;
  • □ débit = crédit ;
  • □ solde comptable cohérent ;
  • □ différences avec la banque explicables ou à analyser.

60. Ce qu’il faut retenir

À retenir

  • Le compte 512 permet de suivre les comptes bancaires de l’entreprise.
  • Dans le cas courant, une entrée bancaire débite le 512 et une sortie le crédite.
  • Le relevé bancaire et la comptabilité ne sont pas présentés du même point de vue.
  • Chaque mouvement bancaire doit être analysé avant d’être imputé.
  • Une entrée d’argent n’est pas automatiquement un produit.
  • Une sortie d’argent n’est pas automatiquement une charge.
  • Le règlement d’une facture déjà enregistrée passe par le compte du tiers.
  • Certains mouvements constatent directement une charge ou un produit.
  • Une échéance d’emprunt peut devoir être ventilée entre capital et intérêts.
  • Un transfert entre deux banques de l’entreprise n’est ni une charge ni un produit.
  • Le compte 58 peut servir de compte de passage pour les virements internes.
  • Les relevés peuvent être importés ou synchronisés dans le logiciel.
  • Une affectation automatique reste une proposition à contrôler.
  • Les imports peuvent créer des doublons si les écritures existantes ne sont pas détectées.
  • Une opération inconnue doit être recherchée et non imputée au hasard.
  • Les comptes d’attente doivent rester temporaires.
  • Le solde comptable et le solde bancaire peuvent temporairement différer.
  • Une différence doit être expliquée par le rapprochement bancaire.

Mini-test

1. Un client verse 2 000 € sur le compte bancaire de l’entreprise. Dans le cas courant, le compte 512 est-il débité ou crédité ?
Voir la réponse

Débité. L’avoir bancaire de l’entreprise augmente.

2. L’entreprise paie 800 € depuis son compte bancaire. Dans le cas courant, quel est le mouvement du compte 512 ?
Voir la réponse

Le compte 512 est crédité de 800 €, car l’avoir bancaire diminue.

3. Une sortie bancaire correspond au règlement d’une facture fournisseur déjà comptabilisée. Faut-il enregistrer à nouveau la charge ?
Voir la réponse

Non. Le règlement réduit la dette fournisseur déjà constatée.

4. Un virement de 20 000 € est reçu au titre d’un emprunt. Peut-on créditer automatiquement un compte de ventes ?
Voir la réponse

Non. Une entrée d’argent n’est pas automatiquement un produit. Il faut constater la nature réelle de l’opération.

5. Une échéance d’emprunt de 1 050 € comprend 1 000 € de capital et 50 € d’intérêts. Quelle somme constitue la charge d’intérêts dans cet exemple ?
Voir la réponse

50 €. Le remboursement des 1 000 € de capital réduit la dette d’emprunt.

6. Un transfert de 5 000 € entre deux banques de l’entreprise constitue-t-il une charge ?
Voir la réponse

Non. Il s’agit d’un déplacement interne de trésorerie.

7. À quoi peut servir le compte 58 ?
Voir la réponse

Il peut notamment servir de compte de passage pour certains virements internes entre comptes de trésorerie.

8. Le logiciel propose automatiquement un compte pour un mouvement importé. Faut-il toujours accepter ?
Voir la réponse

Non. La proposition doit être contrôlée à partir de la nature de l’opération et des justificatifs disponibles.

9. Le solde comptable est différent du relevé bancaire. Faut-il créer une écriture du montant de l’écart ?
Voir la réponse

Non. Il faut rechercher et expliquer la différence, notamment grâce au rapprochement bancaire.

10. Pourquoi un relevé bancaire ne remplace-t-il pas toujours la pièce justificative ?
Voir la réponse

Parce qu’il prouve le mouvement financier, mais ne permet pas nécessairement de déterminer complètement la nature économique, la facture, la TVA ou l’imputation comptable appropriée.

Compétence acquise

Vous savez désormais enregistrer et contrôler les principales opérations bancaires dans un logiciel comptable.

Vous savez partir d’un mouvement bancaire, déterminer s’il s’agit d’un règlement, d’un encaissement, d’une charge, d’un produit, d’un remboursement, d’un transfert interne ou d’une opération qui nécessite des recherches complémentaires.

Vous savez également utiliser la logique du compte 512, comprendre le rôle du compte 58, contrôler les imports bancaires et préparer l’étape essentielle de contrôle des comptes de banque.

La suite

Vous savez maintenant enregistrer les mouvements qui alimentent le compte bancaire dans le logiciel.

La prochaine compétence du chapitre permettra de poursuivre la maîtrise du traitement comptable sans anticiper son contenu.

Exercices du cours

Entraînez-vous avec 15 exercices progressifs. Ouvrez un exercice pour répondre, puis afficher sa correction.