Comprendre les journaux dans le logiciel
Dans un logiciel comptable, les écritures ne sont pas enregistrées dans une liste unique sans organisation. Elles sont généralement réparties dans différents journaux : achats, ventes, banque, caisse, opérations diverses et, selon les besoins de l’entreprise, d’autres journaux spécialisés. Comprendre les journaux ne consiste cependant pas à apprendre une liste de codes par cœur. Il faut comprendre pourquoi ils existent, comment choisir le bon journal, ce que devient ensuite l’écriture, comment les journaux auxiliaires s’articulent avec le livre-journal et quelles erreurs peuvent être provoquées par un mauvais classement.
- expliquer le rôle d’un journal comptable dans un logiciel ;
- distinguer livre-journal et journaux auxiliaires ;
- comprendre pourquoi les logiciels utilisent plusieurs journaux ;
- identifier les principaux journaux utilisés en pratique ;
- choisir le journal adapté à une opération ;
- distinguer journal d’achats, de ventes, de banque, de caisse et d’opérations diverses ;
- comprendre qu’une facture et son règlement constituent deux opérations distinctes ;
- comprendre le fonctionnement d’un journal de banque ;
- comprendre le rôle des journaux d’opérations diverses ;
- identifier les situations justifiant des journaux spécialisés supplémentaires ;
- comprendre la centralisation des journaux auxiliaires ;
- lire les principales informations affichées dans un journal ;
- retrouver une opération à partir de son journal ;
- repérer et analyser une écriture enregistrée dans le mauvais journal ;
- comprendre le lien entre journaux, grand livre, balance et FEC.
1. Pourquoi existe-t-il des journaux ?
Une entreprise peut enregistrer un très grand nombre d’opérations.
- factures fournisseurs ;
- factures clients ;
- règlements ;
- encaissements ;
- mouvements bancaires ;
- opérations de caisse ;
- salaires ;
- amortissements ;
- régularisations ;
- écritures d’inventaire.
Si toutes ces opérations apparaissaient dans une seule liste sans classement, le travail deviendrait rapidement difficile.
Les journaux permettent d’organiser les écritures selon une logique définie.
Journal comptable
Support dans lequel sont enregistrées chronologiquement des écritures comptables. Dans un logiciel, plusieurs journaux auxiliaires peuvent être utilisés afin de regrouper les opérations selon leur nature ou les besoins d’organisation de l’entreprise.
2. Deux logiques à ne pas confondre
Lorsque l’on utilise un logiciel, on parle couramment du :
- journal d’achats ;
- journal de ventes ;
- journal de banque ;
- journal de caisse ;
- journal d’opérations diverses.
Mais la réglementation comptable emploie également la notion de livre-journal.
Livre-journal
Livre comptable dans lequel les mouvements affectant le patrimoine sont enregistrés chronologiquement selon les règles applicables.
Journaux auxiliaires
Journaux permettant de détailler et d’organiser les opérations selon les besoins de l’entreprise : achats, ventes, banques, etc.
Le journal d’achats ou le journal de ventes que vous utilisez quotidiennement dans le logiciel est donc généralement un journal auxiliaire.
3. Pourquoi utiliser des journaux auxiliaires ?
Ils facilitent l’organisation de la comptabilité.
- les factures fournisseurs sont regroupées ;
- les factures clients sont regroupées ;
- les mouvements bancaires sont identifiables ;
- les recherches sont plus rapides ;
- les contrôles sont plus simples ;
- le travail peut être réparti entre plusieurs personnes ;
- certaines règles de saisie peuvent être automatisées par journal.
Vous recherchez une facture fournisseur enregistrée le 15 avril.
Si l’organisation utilise un journal d’achats, vous pouvez commencer par examiner ce journal et cette période.
Vous n’avez pas besoin de parcourir immédiatement toutes les opérations bancaires, les ventes et les écritures d’inventaire.
4. Les principaux journaux
| Journal | Opérations courantes |
|---|---|
| Achats | Factures et avoirs fournisseurs |
| Ventes | Factures et avoirs clients |
| Banque | Mouvements des comptes bancaires |
| Caisse | Encaissements et décaissements en espèces |
| Opérations diverses | Écritures ne relevant pas des journaux spécialisés retenus par l’entreprise |
Cette organisation est courante, mais elle n’est pas une liste universelle imposant exactement cinq journaux à toutes les entreprises.
5. Une entreprise peut créer d’autres journaux
Le nombre de journaux dépend de son activité, de son volume d’opérations et de son organisation.
Une entreprise peut disposer de :
- AC — Achats ;
- VE — Ventes ;
- BQ1 — Banque principale ;
- BQ2 — Banque secondaire ;
- CA — Caisse ;
- PA — Paie ;
- AN — À-nouveaux ;
- INV — Inventaire ;
- OD — Opérations diverses.
On crée des journaux pour répondre à un besoin comptable ou organisationnel, pas pour multiplier les catégories inutilement.
6. Le journal d’achats
Le journal d’achats regroupe généralement les factures et avoirs reçus des fournisseurs.
Achat de marchandises : 1 000 € HT
TVA : 200 €
TTC : 1 200 €
L’écriture peut être :
| Compte | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| 607 — Achats de marchandises | 1 000 € | — |
| 44566 — TVA déductible | 200 € | — |
| 401 — Fournisseur | — | 1 200 € |
Cette écriture constate notamment une dette envers le fournisseur.
7. La facture fournisseur n’est pas son règlement
Cette distinction est fondamentale.
Facture fournisseur
→ journal d’achats
→ constatation de l’achat et de la dette.
Paiement du fournisseur
→ journal de banque dans l’organisation courante lorsque le paiement est bancaire
→ extinction totale ou partielle de la dette.
penser que puisque la facture concerne un fournisseur, son paiement doit également être enregistré dans le journal d’achats.
Ce sont deux événements comptables différents.
8. Exemple : règlement du fournisseur
L’entreprise règle les 1 200 € par virement.
Dans une organisation utilisant un journal bancaire :
| Compte | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| 401 — Fournisseur | 1 200 € | — |
| 512 — Banque | — | 1 200 € |
La facture et son règlement pourront ensuite être rapprochés, notamment par le lettrage du compte fournisseur.
9. Le journal de ventes
Le journal de ventes regroupe généralement les factures et avoirs adressés aux clients.
Vente : 2 000 € HT
TVA : 400 €
TTC : 2 400 €
| Compte | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| 411 — Client | 2 400 € | — |
| 707 — Ventes de marchandises | — | 2 000 € |
| 44571 — TVA collectée | — | 400 € |
L’écriture constate notamment une créance sur le client.
10. L’encaissement du client est une autre opération
Quelques jours plus tard, le client règle 2 400 € par virement.
| Compte | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| 512 — Banque | 2 400 € | — |
| 411 — Client | — | 2 400 € |
Cette écriture relève généralement du journal de banque dans cette organisation.
11. Le journal de banque
Le journal de banque regroupe les mouvements affectant un compte bancaire déterminé.
On peut notamment y retrouver :
- règlements fournisseurs ;
- encaissements clients ;
- prélèvements ;
- virements ;
- frais bancaires ;
- intérêts ;
- remboursements d’emprunts ;
- autres mouvements du compte bancaire.
12. Un journal bancaire peut être lié à un compte 512
Dans de nombreux logiciels, le journal est paramétré avec le compte bancaire correspondant.
Journal BQ1
Banque principale
Compte associé : 512100
Le logiciel peut alors utiliser ce compte automatiquement dans certaines saisies.
13. Plusieurs banques, plusieurs journaux
Une entreprise possédant plusieurs comptes bancaires peut les distinguer.
| Journal | Compte |
|---|---|
| BQ1 — Banque principale | 512100 |
| BQ2 — Banque secondaire | 512200 |
Cette organisation facilite notamment le rapprochement bancaire de chaque compte.
14. Le journal de caisse
Le journal de caisse regroupe les mouvements d’espèces.
Un client règle 120 € en espèces.
L’encaissement augmente la caisse de l’entreprise.
Les mouvements de caisse doivent être suivis avec attention : la comptabilité doit rester cohérente avec les espèces réellement détenues.
Un paiement par carte, virement ou prélèvement n’est pas un mouvement d’espèces simplement parce qu’il s’agit d’un paiement.
15. Le journal des opérations diverses
Le journal des opérations diverses, souvent appelé journal OD, est utilisé pour les écritures qui ne relèvent pas des journaux spécialisés retenus par l’entreprise.
On peut notamment y rencontrer, selon l’organisation :
- certaines écritures de paie ;
- certaines régularisations ;
- certaines écritures d’inventaire ;
- certaines corrections comptables ;
- certaines opérations internes ;
- d’autres écritures ne relevant pas d’un journal spécialisé.
16. OD ne signifie pas « je ne sais pas où mettre l’écriture »
Une facture fournisseur classique ne doit pas être placée automatiquement en OD simplement parce que l’utilisateur hésite.
La bonne question est :
Quelle est la nature de l’opération et quel journal correspond à l’organisation comptable retenue ?
17. Les écritures de paie
Une entreprise peut enregistrer les écritures de paie :
- dans un journal OD ;
- ou dans un journal spécialisé de paie.
Une entreprise possédant de nombreux salariés peut créer :
PA — Journal de paie.
Cette solution permet d’isoler plus facilement ces écritures.
Le choix dépend donc de l’organisation retenue et du niveau de détail nécessaire.
18. Les écritures d’inventaire
À la clôture, l’entreprise enregistre différentes écritures permettant de rattacher correctement les opérations à l’exercice et d’évaluer les éléments des comptes.
On peut notamment rencontrer :
- amortissements ;
- dépréciations ;
- provisions ;
- variations de stocks ;
- charges constatées d’avance ;
- produits constatés d’avance ;
- charges à payer ;
- produits à recevoir ;
- autres régularisations de clôture.
Selon l’organisation, ces écritures peuvent être enregistrées dans un journal OD ou dans un journal d’inventaire spécialisé.
19. Le journal des à-nouveaux
Au début d’un nouvel exercice, certains comptes de bilan doivent reprendre les soldes provenant de la clôture précédente.
À-nouveaux
Écritures permettant d’assurer la continuité entre la clôture d’un exercice et l’ouverture de l’exercice suivant pour les comptes concernés.
Certains logiciels utilisent un journal spécifique, par exemple :
AN — À-nouveaux.
D’autres systèmes peuvent gérer cette opération différemment.
20. Tous les comptes ne sont pas simplement repris à l’identique
Les comptes de bilan assurent la continuité patrimoniale entre deux exercices.
Les comptes de charges et de produits, eux, servent à déterminer le résultat de l’exercice.
Le passage d’un exercice au suivant n’est donc pas une simple copie de toutes les lignes comptables dans un nouveau journal.
21. Comment choisir le bon journal ?
On peut utiliser une méthode simple.
Question 1 — Quelle est la pièce ou l’opération ?
Facture fournisseur ? Facture client ? Mouvement bancaire ? Espèces ? Écriture d’inventaire ? Autre opération ?
Question 2 — Quelle est sa nature comptable ?
Achat ? Vente ? Paiement ? Encaissement ? Régularisation ?
Question 3 — Quels journaux l’entreprise a-t-elle créés ?
Le choix dépend également de l’organisation du dossier.
Question 4 — Quel journal est prévu pour cette catégorie ?
On applique ensuite la procédure définie.
22. Tableau de décision simple
| Opération | Journal généralement utilisé dans notre organisation d’exemple |
|---|---|
| Facture fournisseur | Achats |
| Avoir fournisseur | Achats |
| Facture client | Ventes |
| Avoir client | Ventes |
| Virement au fournisseur | Banque |
| Virement reçu du client | Banque |
| Encaissement en espèces | Caisse |
| Dotation aux amortissements | OD ou inventaire selon l’organisation |
| Écriture de paie | OD ou paie selon l’organisation |
23. Le journal n’est pas déterminé uniquement par les comptes utilisés
Deux écritures peuvent utiliser un même compte tout en appartenant à des journaux différents.
Le compte fournisseur 401 apparaît :
dans le journal d’achats lors de l’enregistrement de la facture ;
puis dans le journal de banque lors du règlement.
Le compte indique ce qui est affecté. Le journal contribue à indiquer dans quel flux ou catégorie d’opérations l’écriture est enregistrée.
24. Quelles informations trouve-t-on dans un journal ?
L’affichage varie selon les logiciels, mais on retrouve généralement plusieurs informations essentielles.
- code du journal ;
- date de l’écriture ;
- numéro de l’écriture ;
- numéro ou référence de pièce ;
- compte ;
- éventuellement compte auxiliaire ;
- libellé ;
- montant au débit ;
- montant au crédit ;
- éventuellement échéance ;
- éventuellement lettrage ;
- statut ou informations de validation selon le logiciel.
25. Exemple de journal d’achats
| Date | Pièce | Compte | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|---|---|
| 05/04 | F245 | 607 | ALPHA — marchandises | 1 000 | — |
| 05/04 | F245 | 44566 | TVA F245 | 200 | — |
| 05/04 | F245 | 401 ALPHA | Facture F245 | — | 1 200 |
Les trois lignes appartiennent à une même écriture et se rattachent à la même pièce.
26. Une écriture doit rester équilibrée dans son journal
La partie double continue de s’appliquer.
Débit :
1 000 + 200 = 1 200 €
Crédit :
1 200 €
Le logiciel peut empêcher ou signaler certaines saisies déséquilibrées.
27. Que se passe-t-il après la saisie dans le journal ?
L’écriture ne reste pas enfermée dans le journal.
Écriture dans le journal
↓
Comptes concernés
↓
Grand livre
↓
Balance
↓
États comptables
Une seule saisie correctement enregistrée alimente donc plusieurs restitutions.
28. La centralisation des journaux auxiliaires
Le Plan comptable général prévoit que le livre-journal et le grand livre peuvent être détaillés en autant de journaux et livres auxiliaires que les besoins de l’entité l’exigent.
Les écritures de ces journaux auxiliaires sont ensuite centralisées au moins mensuellement sur le livre-journal et le grand livre.
Centralisation
Processus permettant de rattacher les informations enregistrées dans les journaux auxiliaires à l’organisation générale du livre-journal et du grand livre.
Les journaux auxiliaires facilitent le travail quotidien. Ils ne constituent pas des comptabilités indépendantes.
29. Centraliser ne signifie pas perdre le détail
L’organisation comptable doit permettre de conserver le lien avec les opérations détaillées et leurs justificatifs.
Facture F245
↓
Écriture détaillée
↓
Journal d’achats
↓
Comptes concernés
↓
Restitutions comptables
Le chemin de révision doit rester possible.
30. Journal et ordre chronologique
Un journal répond à une logique chronologique.
Cela signifie que les opérations doivent pouvoir être suivies dans leur ordre d’enregistrement selon les règles applicables.
La chronologie participe à la traçabilité de la comptabilité.
31. Brouillard et journal définitif
Une écriture saisie peut se trouver initialement dans une phase de brouillard.
Elle peut alors faire l’objet des contrôles et corrections prévus avant validation.
Saisie
↓
Brouillard / contrôle
↓
Validation
↓
Écriture définitive
Une fois validée, l’écriture doit conserver son caractère définitif selon les règles de la comptabilité informatisée.
32. Pourquoi contrôler journal et écriture avant validation ?
Une écriture peut être :
- équilibrée ;
- correctement datée ;
- associée à la bonne pièce ;
- imputée dans les bons comptes ;
mais être enregistrée dans un journal inadapté à l’organisation comptable.
Le contrôle doit donc porter à la fois sur l’écriture et sur son journal.
33. Que se passe-t-il si l’on choisit le mauvais journal ?
Prenons une facture fournisseur de 1 200 € TTC.
Les comptes sont corrects :
- 607 au débit ;
- 44566 au débit ;
- 401 au crédit.
Mais l’utilisateur l’enregistre dans le journal de ventes.
Cela peut compliquer :
- les contrôles ;
- les recherches ;
- les éditions par journal ;
- les procédures internes ;
- l’analyse des données exportées.
34. Comment corriger une erreur de journal ?
La réponse dépend du statut de l’écriture.
Avant validation
La correction peut être effectuée selon les fonctions autorisées dans la phase de brouillard.
Après validation
On ne doit pas simplement modifier ou supprimer l’écriture définitive.
Il faut utiliser la procédure de correction appropriée préservant la traçabilité.
35. Le journal peut être un outil de contrôle
Un journal n’est pas seulement un lieu de saisie.
Son examen peut révéler des anomalies.
Dans le journal d’achats, vous observez :
- une facture fournisseur habituelle ;
- une autre facture fournisseur ;
- une dotation aux amortissements ;
- une troisième facture fournisseur.
La dotation aux amortissements mérite immédiatement une vérification.
Elle peut être correctement comptabilisée dans ses comptes mais avoir été placée dans un journal inadapté.
36. Contrôler les totaux d’un journal
Les logiciels peuvent présenter les totaux débit et crédit d’un journal ou d’une période.
Total débit : 85 420 €
Total crédit : 85 420 €
L’égalité est nécessaire dans le système en partie double.
Des comptes erronés, des doublons ou des opérations mal classées peuvent parfaitement produire un journal équilibré.
37. Journal et doublons
Le contrôle du journal peut également aider à détecter les doublons.
Dans le journal d’achats :
05/04 — ALPHA — F245 — 1 200 €
05/04 — ALPHA — F245 — 1 200 €
La même référence, le même fournisseur, la même date et le même montant constituent un signal qui doit être vérifié.
38. Journal et séquence des pièces
Les références des pièces facilitent également les recherches et contrôles.
F241
F242
F243
F245
L’absence de F244 peut avoir une explication normale.
Mais elle peut également conduire à rechercher :
- une pièce manquante ;
- une erreur de référence ;
- une opération non enregistrée ;
- une organisation différente de la numérotation.
39. Journal et FEC
Dans une comptabilité informatisée, le code et le libellé du journal font partie des informations structurant les écritures comptables destinées au Fichier des écritures comptables lorsque l’entreprise est concernée par cette obligation.
On retrouve notamment dans la structure du FEC des informations telles que :
- code journal ;
- libellé journal ;
- numéro d’écriture ;
- date de l’écriture ;
- numéro de compte ;
- libellé du compte ;
- référence de pièce ;
- libellé de l’écriture ;
- débit et crédit ;
- informations complémentaires prévues par le format.
Le choix et l’organisation des journaux ne concernent donc pas seulement le confort d’affichage du logiciel.
Ils participent à la structure de la comptabilité informatisée.
40. Les journaux permettent de filtrer l’information
Un logiciel peut permettre de rechercher les écritures :
- par journal ;
- par période ;
- par compte ;
- par tiers ;
- par montant ;
- par référence de pièce ;
- par libellé ;
- par statut selon les fonctionnalités disponibles.
Vous recherchez une facture du fournisseur ALPHA datée de septembre.
Vous pouvez combiner :
- journal : achats ;
- période : septembre ;
- tiers : ALPHA.
41. Cas pratique : identifier le journal
| Opération | Journal retenu dans notre organisation |
|---|---|
| Facture d’électricité reçue | Achats |
| Facture adressée à un client | Ventes |
| Prélèvement bancaire d’assurance | Banque pour le mouvement bancaire, avec analyse préalable de l’opération et de son éventuelle pièce déjà comptabilisée |
| Règlement d’une facture fournisseur déjà enregistrée | Banque |
| Encaissement en espèces | Caisse |
| Dotation aux amortissements | Inventaire ou OD selon l’organisation |
| Écriture de paie | Paie ou OD selon l’organisation |
42. Attention aux opérations directement visibles sur le relevé bancaire
Voir une opération sur le relevé bancaire ne suffit pas toujours à déterminer toute son écriture comptable.
Le relevé indique :
Prélèvement FOURNISSEUR ALPHA — 1 200 €
Il faut déterminer :
- s’il s’agit du règlement d’une facture déjà comptabilisée ;
- si la pièce correspondante existe ;
- si l’opération doit solder un compte fournisseur ;
- si elle constitue une opération qui n’a pas encore été comptabilisée.
43. Exemple de doublon provoqué par un mauvais raisonnement
Le 10 mai :
Facture fournisseur enregistrée :
Charge : 1 000 €
TVA : 200 €
Dette fournisseur : 1 200 €
Le 25 mai, le relevé bancaire indique le paiement de 1 200 €.
La bonne logique est :
Débit 401 : 1 200 €
Crédit 512 : 1 200 €
Si l’utilisateur enregistre à nouveau :
Débit charge : 1 000 €
Débit TVA : 200 €
Crédit banque : 1 200 €
la charge et la TVA ont été comptabilisées deux fois.
Le journal aide à organiser l’opération, mais il faut toujours comprendre ce que l’on est en train d’enregistrer.
44. Cas professionnel : analyser un journal anormal
Le responsable examine le journal des achats de juin.
Il constate :
- 32 factures fournisseurs ;
- 3 avoirs fournisseurs ;
- 1 dotation aux amortissements ;
- 1 règlement client ;
- 2 factures fournisseurs identiques.
Anomalie 1 — Dotation aux amortissements
Elle mérite d’être vérifiée : elle devrait normalement relever du journal prévu pour les écritures d’inventaire ou les opérations diverses dans cette organisation.
Anomalie 2 — Règlement client
S’il s’agit d’un encaissement bancaire, sa présence dans le journal d’achats est incohérente avec l’organisation retenue.
Anomalie 3 — Deux factures identiques
Il faut examiner les pièces pour déterminer s’il s’agit :
- d’un véritable doublon ;
- de deux factures distinctes ayant le même montant ;
- d’une erreur de référence.
Lire un journal permet donc de contrôler la cohérence de toute une série d’opérations, pas seulement une écriture isolée.
45. Les erreurs fréquentes
La facture constate généralement une créance ou une dette. Le règlement constitue une autre opération.
Cela détruit une partie de l’organisation apportée par les journaux spécialisés.
Un même compte peut apparaître dans plusieurs journaux. Il faut analyser l’opération.
Un paiement bancaire n’est pas un mouvement d’espèces.
Avec plusieurs banques, cela peut affecter le mauvais compte 512 ou perturber le rapprochement.
L’équilibre débit/crédit ne contrôle ni la nature de l’opération, ni les comptes, ni le journal choisi.
Si la facture a déjà été enregistrée, le règlement doit normalement solder la créance ou la dette correspondante.
La correction doit respecter la procédure assurant la traçabilité des écritures.
Les codes et l’organisation peuvent varier selon l’entreprise et le logiciel.
La spécialisation doit répondre à un besoin réel. Une organisation inutilement complexe peut rendre la comptabilité plus difficile à utiliser.
46. Méthode professionnelle pour choisir et contrôler un journal
- Identifier la pièce ou l’événement.
- Déterminer la nature comptable de l’opération.
- Vérifier si elle a déjà été comptabilisée sous une autre forme.
- Identifier le journal prévu par l’organisation.
- Analyser les comptes à débiter et créditer.
- Saisir ou contrôler l’écriture proposée.
- Vérifier date, pièce, libellé et montants.
- Contrôler l’équilibre débit/crédit.
- Contrôler la cohérence du journal choisi.
- Valider seulement lorsque l’ensemble est correct.
47. Ce qu’il faut retenir
À retenir
- Les journaux organisent chronologiquement les écritures comptables.
- Dans un logiciel, achats, ventes, banques ou caisse sont généralement des journaux auxiliaires.
- Le livre-journal et les journaux auxiliaires ne doivent pas être confondus.
- Les journaux auxiliaires sont centralisés dans l’organisation générale de la comptabilité.
- L’entreprise peut créer autant de journaux auxiliaires que ses besoins le justifient.
- Une facture fournisseur relève généralement du journal d’achats dans l’organisation courante.
- Son règlement bancaire constitue une opération distincte enregistrée dans le journal de banque.
- Une facture client et son encaissement sont également deux opérations distinctes.
- Un journal bancaire peut être associé à un compte 512 déterminé.
- Le journal OD n’est pas un journal destiné aux opérations que l’on ne comprend pas.
- Paie, inventaire ou à-nouveaux peuvent disposer de journaux spécialisés selon l’organisation.
- Un même compte peut apparaître dans plusieurs journaux.
- Une écriture équilibrée peut être enregistrée dans le mauvais journal.
- Le journal est également un outil de recherche et de contrôle.
- Il peut aider à repérer des doublons, erreurs de classement et anomalies.
- Les journaux participent à la structure des données d’une comptabilité informatisée et du FEC.
- Une écriture validée ne doit pas être modifiée comme une simple ligne de tableau.
Mini-test
Voir la réponse
À organiser chronologiquement une catégorie d’opérations selon les besoins de l’entreprise, par exemple les achats, les ventes ou les mouvements bancaires.
Voir la réponse
Non. La facture constate notamment l’achat et la dette fournisseur. Le paiement constitue ensuite une autre opération qui réduit ou éteint cette dette.
Voir la réponse
Dans le journal de ventes.
Voir la réponse
Du journal de banque correspondant au compte bancaire utilisé, dans l’organisation présentée.
Voir la réponse
Pour distinguer plusieurs comptes bancaires et faciliter le suivi, le contrôle et le rapprochement de chacun.
Voir la réponse
Non. Il faut d’abord comprendre la nature de l’opération et appliquer l’organisation comptable retenue. OD n’est pas un journal fourre-tout.
Voir la réponse
Non. L’équilibre débit/crédit ne suffit pas. Le journal doit également être cohérent avec la nature de l’opération et l’organisation du dossier.
Voir la réponse
Non. Le règlement doit normalement affecter le compte fournisseur et le compte bancaire. Recomptabiliser la charge pourrait créer un doublon.
Voir la réponse
Elle permet d’intégrer les informations des journaux auxiliaires dans l’organisation générale du livre-journal et du grand livre, tout en conservant le détail nécessaire et la traçabilité des opérations.
Voir la réponse
Il faut identifier la pièce, la nature de l’opération, vérifier si elle a déjà été comptabilisée, puis déterminer le journal prévu par l’organisation comptable de l’entreprise.
Compétence acquise
Vous savez désormais comprendre et utiliser la logique des journaux d’un logiciel comptable.
Vous ne vous contentez plus d’associer mécaniquement « fournisseur = achats » ou « argent = banque » : vous analysez l’événement comptable, vous distinguez la facture de son règlement, vous identifiez le journal prévu et vous contrôlez la cohérence de l’écriture avant validation.
Vous comprenez également comment les journaux auxiliaires s’intègrent dans l’ensemble de la comptabilité informatisée.
La suite
Vous savez maintenant dans quel environnement une écriture doit être enregistrée et pourquoi.
La prochaine étape consistera à approfondir la compétence suivante du chapitre, sans dépendre d’une interface ou d’une marque de logiciel particulière.
Exercices du cours
Entraînez-vous avec 15 exercices progressifs. Ouvrez un exercice pour répondre, puis afficher sa correction.
