Effectuer un rapprochement bancaire
Le solde du compte 512 dans le logiciel comptable et le solde indiqué par la banque ne sont pas toujours identiques à une date donnée. Cela ne signifie pas nécessairement qu’une erreur a été commise. Certaines opérations peuvent déjà être enregistrées en comptabilité mais ne pas encore apparaître à la banque, tandis que d’autres peuvent apparaître sur le relevé bancaire sans avoir encore été comptabilisées. Le rapprochement bancaire consiste à comparer méthodiquement ces deux sources, pointer les opérations correspondantes, expliquer les différences, corriger les véritables anomalies et justifier le solde bancaire comptable.
- expliquer l’objectif d’un rapprochement bancaire ;
- distinguer compte 512 et relevé bancaire ;
- comprendre pourquoi leurs soldes peuvent différer ;
- choisir la bonne date de rapprochement ;
- comparer les mouvements comptables et bancaires ;
- pointer les opérations correspondantes ;
- identifier les opérations comptabilisées mais non encore passées en banque ;
- identifier les opérations bancaires non encore comptabilisées ;
- distinguer un simple décalage d’une véritable erreur ;
- traiter les frais bancaires oubliés ;
- repérer les doublons, omissions et erreurs de montant ;
- comprendre le rôle des opérations en circulation ;
- utiliser les fonctions de rapprochement d’un logiciel comptable ;
- interpréter les propositions automatiques de rapprochement ;
- établir et contrôler un état de rapprochement ;
- justifier le solde du compte bancaire.
1. Pourquoi effectuer un rapprochement bancaire ?
Le compte 512 du logiciel et les informations fournies par la banque décrivent tous les deux les mouvements du compte bancaire.
On pourrait donc penser que leurs soldes doivent toujours être exactement identiques.
En pratique, ce n’est pas nécessairement le cas à une date donnée.
Rapprochement bancaire
Contrôle consistant à comparer les opérations enregistrées dans la comptabilité de l’entreprise avec les opérations figurant dans les informations bancaires, afin d’identifier et d’expliquer les différences entre les deux.
Le rapprochement bancaire ne consiste pas à modifier artificiellement la comptabilité pour obtenir le même chiffre que la banque. Il consiste à expliquer les différences.
2. Deux sources sont comparées
La comptabilité
Elle contient les écritures enregistrées dans le compte 512 et dans le journal de banque.
La banque
Elle fournit les mouvements effectivement enregistrés sur le compte bancaire.
Le rapprochement cherche à déterminer quelles opérations apparaissent dans les deux sources et lesquelles n’apparaissent que dans l’une d’elles.
3. Exemple très simple
Au 31 octobre, le logiciel indique :
Solde comptable du compte 512 : 10 000 €
Solde indiqué par la banque : 9 500 €
Écart : 500 €
Il serait incorrect de créer immédiatement une écriture de 500 € pour supprimer cet écart.
Il faut d’abord comprendre d’où il vient.
4. Un écart peut être parfaitement normal
Supposons que l’entreprise ait enregistré le 31 octobre un paiement de 500 €.
Le compte 512 a donc déjà diminué.
Mais le mouvement correspondant n’est enregistré par la banque que le 2 novembre.
Comptabilité : le paiement est déjà enregistré.
Banque au 31 octobre : le paiement n’apparaît pas encore.
Les soldes diffèrent, mais cette différence peut être expliquée.
Différence expliquée ≠ erreur comptable.
5. À l’inverse, la banque peut connaître une opération avant la comptabilité
Le 31 octobre, la banque prélève : 25 € de frais bancaires.
L’entreprise n’a pas encore enregistré cette opération.
La banque intègre déjà les 25 €.
Le compte 512 comptable, lui, ne les contient pas encore.
Cette fois, le rapprochement révèle une opération à comptabiliser.
6. Il faut donc distinguer deux situations
Décalage
L’opération est déjà correctement enregistrée d’un côté, mais n’apparaît pas encore de l’autre.
Il n’y a pas nécessairement d’écriture corrective à créer.
Opération manquante ou erreur
Une opération aurait dû être comptabilisée, ou une écriture existante est incorrecte.
Une intervention comptable peut alors être nécessaire.
7. Quand effectuer le rapprochement ?
Le rapprochement est réalisé à une date déterminée.
Rapprochement au 31 octobre 2026
Toutes les opérations sont alors analysées par rapport à cette date.
L’entreprise peut effectuer ce contrôle régulièrement, par exemple dans le cadre de sa tenue comptable périodique et de ses travaux de contrôle.
Plus le rapprochement est effectué régulièrement, plus les anomalies sont généralement faciles à retrouver.
8. Première étape : choisir le bon compte bancaire
Si l’entreprise possède plusieurs comptes bancaires, chaque compte doit être rapproché avec les informations bancaires correspondantes.
512100 — Banque A
doit être comparé au compte Banque A.
512200 — Banque B
doit être comparé au compte Banque B.
9. Deuxième étape : vérifier le point de départ
Avant de rapprocher les mouvements de la période, il faut s’assurer que le rapprochement précédent est cohérent.
Dans un logiciel, on peut notamment retrouver :
- les opérations déjà rapprochées ;
- les opérations encore non rapprochées ;
- la date du dernier rapprochement ;
- les écarts qui restaient à expliquer.
10. Troisième étape : comparer les mouvements
Pour chaque mouvement, on recherche son équivalent dans l’autre source.
| Comptabilité | Banque |
|---|---|
| Virement client Nova — 2 400 € | VIR NOVA — 2 400 € |
| Paiement OfficePro — 840 € | VIR OFFICEPRO — 840 € |
Les libellés peuvent être différents, mais les autres informations permettent de reconnaître l’opération.
11. Sur quels critères comparer ?
- montant ;
- date ;
- sens du mouvement ;
- référence ;
- libellé ;
- client ou fournisseur ;
- numéro de chèque ou référence de virement lorsque disponible ;
- nature de l’opération.
Aucun critère ne doit nécessairement être utilisé isolément.
12. Les dates peuvent être différentes
Une même opération peut apparaître à des dates légèrement différentes dans les deux sources.
Comptabilité : 28 octobre
Banque : 30 octobre
Montant : 840 €
Référence : OfficePro.
La différence de date n’empêche pas nécessairement qu’il s’agisse du même mouvement.
13. Le pointage
Pointage
Action consistant à marquer comme correspondantes une opération comptable et une opération bancaire lorsque leur concordance a été vérifiée.
Dans un logiciel, cette opération peut prendre la forme :
- d’une case cochée ;
- d’un statut « rapproché » ;
- d’une association entre deux lignes ;
- d’une validation d’une correspondance proposée automatiquement.
14. Une opération pointée n’est plus à expliquer
Comptabilité : − 840 € OfficePro
Banque : − 840 € OfficePro
Après vérification, les deux lignes sont rapprochées.
Elles correspondent au même événement.
Le travail se concentre ensuite sur les opérations qui restent non rapprochées.
15. Première catégorie d’écart : opération comptabilisée mais absente de la banque
Paiement comptabilisé : 1 500 €
Il n’apparaît pas encore sur le relevé à la date du rapprochement.
Cette opération peut être une opération en circulation.
Il faut vérifier :
- qu’elle existe réellement ;
- qu’elle a été correctement enregistrée ;
- qu’elle concerne bien ce compte bancaire ;
- qu’elle n’a pas été annulée ;
- qu’elle devrait normalement apparaître ultérieurement en banque.
16. Exemple : paiement non encore débité
Le 30 novembre, l’entreprise comptabilise un paiement fournisseur de 1 500 €.
Au 30 novembre, la banque ne l’a pas encore débité.
Comptabilité : − 1 500 €
Banque : aucun mouvement à cette date
Si l’écriture est correcte, il n’est pas nécessaire de la supprimer pour faire correspondre les soldes.
17. Deuxième catégorie : opération bancaire absente de la comptabilité
Frais bancaires : 30 €
Présents sur le relevé.
Absents du compte 512.
Cette différence ne peut pas être simplement laissée comme un décalage si l’opération doit être enregistrée.
Il faut :
- identifier l’opération ;
- retrouver son justificatif ;
- déterminer son traitement comptable ;
- enregistrer l’écriture ;
- actualiser le rapprochement.
18. Exemple : comptabiliser les frais bancaires manquants
Après vérification, les 30 € correspondent bien à des services bancaires.
| Compte | Débit | Crédit |
|---|---|---|
| 627 — Services bancaires et assimilés | 30 € | — |
| 512 — Banque | — | 30 € |
Le compte 512 est désormais mis à jour pour cette opération.
19. Troisième catégorie : erreur de montant
Comptabilité : − 850 €
Banque : − 805 €
Les libellés semblent correspondre, mais les montants sont différents.
Il faut rechercher :
- le justificatif ;
- l’ordre de paiement ;
- la facture ;
- une éventuelle retenue ou commission ;
- une erreur de saisie ;
- une autre explication au montant différent.
20. Quatrième catégorie : doublon
La banque contient un mouvement : − 1 200 €.
La comptabilité contient deux écritures de : − 1 200 €.
Cela peut provenir, par exemple :
- d’une saisie manuelle suivie d’un import ;
- d’un double import ;
- d’une saisie effectuée deux fois.
Il faut déterminer quelle écriture est légitime et corriger le doublon selon la procédure appropriée.
21. Cinquième catégorie : opération comptabilisée dans la mauvaise banque
Une entreprise possède :
512100 — Banque A
512200 — Banque B
Un paiement de 2 000 € effectué depuis Banque B a été enregistré par erreur dans Banque A.
Le rapprochement de Banque A fait apparaître une opération introuvable sur son relevé.
Le rapprochement de Banque B fait apparaître un débit bancaire absent de sa comptabilité.
Une même erreur peut donc créer une anomalie dans deux rapprochements.
22. Sixième catégorie : mouvement bancaire non identifié
Relevé : − 186,42 €
Libellé : PRLV 48X923
La comptabilité ne contient aucune écriture correspondante.
Il faut rechercher l’origine du prélèvement.
23. Le rapprochement n’est donc pas seulement un contrôle du solde
Deux soldes pourraient même être identiques alors que des erreurs se compensent.
Opération oubliée : + 500 €
Autre opération oubliée : − 500 €
Effet net : 0 €
Le solde final peut sembler correct alors que deux mouvements manquent.
Un solde correct ne prouve pas, à lui seul, que toutes les opérations sont correctes.
24. Le logiciel facilite le pointage
Un logiciel comptable peut afficher côte à côte :
- les écritures du compte 512 ;
- les mouvements importés de la banque ;
- les montants ;
- les dates ;
- les références ;
- le statut rapproché ou non rapproché.
L’utilisateur peut alors associer les lignes correspondantes.
25. Le rapprochement automatique
Certains logiciels proposent automatiquement des correspondances.
Comptabilité :
− 840 € — OfficePro — 12/11
Banque :
− 840 € — VIR OFFICEPRO — 13/11
Le logiciel peut estimer que les deux mouvements correspondent.
26. Comment le logiciel peut-il reconnaître une correspondance ?
Selon ses fonctions, il peut notamment comparer :
- le montant ;
- la proximité des dates ;
- les références ;
- les libellés ;
- les informations relatives au tiers ;
- les règles ou correspondances déjà connues.
27. Automatique ne signifie pas certain
Deux paiements :
840 € à OfficePro
840 € à MatérielPro
Deux mouvements bancaires de même montant apparaissent à quelques jours d’intervalle.
Le montant seul ne permet pas de déterminer la bonne correspondance.
28. Plusieurs lignes peuvent correspondre à un seul mouvement
Le rapprochement n’est pas toujours une relation « une ligne contre une ligne ».
Un dépôt bancaire : 3 000 €.
Il correspond à plusieurs opérations :
1 000 € + 800 € + 1 200 € = 3 000 €.
Le logiciel doit alors permettre, selon son fonctionnement, de rapprocher correctement l’ensemble des mouvements concernés.
29. Et plusieurs mouvements bancaires peuvent correspondre à une même opération comptable
Certaines situations nécessitent également d’analyser plusieurs mouvements pour expliquer une opération.
Il faut donc raisonner sur la réalité économique et non simplement rechercher une égalité ligne par ligne.
30. Le rapprochement et le lettrage ne sont pas la même chose
Lettrage
Il rapproche des écritures qui se compensent dans un compte, notamment un compte client ou fournisseur.
Exemple : facture client et règlement client.
Rapprochement bancaire
Il compare la comptabilité bancaire avec les informations fournies par la banque.
Exemple : écriture du 512 et mouvement bancaire correspondant.
Lettrer un client ne remplace pas le rapprochement bancaire, et rapprocher la banque ne remplace pas le lettrage du client.
31. Le rapprochement et la saisie bancaire ne sont pas non plus la même chose
Le cours précédent portait sur l’enregistrement des opérations bancaires.
Ici, on contrôle ces enregistrements par comparaison avec la banque.
Saisie bancaire : enregistrer l’opération.
Rapprochement bancaire : vérifier que les opérations comptabilisées et bancaires se correspondent ou expliquer pourquoi elles diffèrent.
32. Comprendre l’état de rapprochement
Lorsque les soldes diffèrent, on peut présenter les éléments qui expliquent le passage de l’un à l’autre.
Le sens exact de présentation peut varier selon le document ou le logiciel utilisé.
L’essentiel est de conserver un raisonnement cohérent :
partir d’un solde connu, identifier les différences justifiées, et retrouver le solde correspondant de l’autre source.
33. Construisons un rapprochement complet
Au 31 décembre, le compte 512 présente, après comptabilisation des opérations connues :
Solde comptable : 12 350 €
Solde bancaire : 13 050 €
Il existe donc une différence apparente de :
13 050 − 12 350 = 700 €.
34. Analyse des opérations non rapprochées
Après pointage, on découvre :
1. Un paiement fournisseur de 1 000 € est déjà enregistré en comptabilité mais n’est pas encore débité par la banque.
2. Un encaissement client de 300 € est déjà enregistré en comptabilité mais n’est pas encore crédité par la banque.
35. Retrouver le solde bancaire
Partons du solde comptable :
Solde comptable : 12 350 €
+ paiement de 1 000 € déjà retranché en comptabilité mais pas encore par la banque
− encaissement de 300 € déjà ajouté en comptabilité mais pas encore par la banque
12 350 + 1 000 − 300 = 13 050 €
On retrouve exactement le solde bancaire.
36. Pourquoi ajoute-t-on ici les 1 000 € ?
Le paiement a déjà réduit le solde comptable.
Mais il n’a pas encore réduit le solde bancaire.
Pour passer du solde comptable au solde bancaire, il faut donc neutraliser temporairement cet effet :
on ajoute 1 000 €.
37. Pourquoi retire-t-on les 300 € ?
L’encaissement a déjà augmenté le solde comptable.
Mais il n’a pas encore augmenté le solde bancaire.
Pour passer du solde comptable au solde bancaire :
on retire 300 €.
Ne mémorisez pas seulement « plus » ou « moins ». Demandez-vous toujours : « Cette opération est-elle déjà incluse dans le solde de départ ? »
38. Une méthode plus sûre que l’apprentissage mécanique
Pour chaque différence, posez trois questions :
- Dans quel solde l’opération est-elle déjà incluse ?
- Augmente-t-elle ou diminue-t-elle ce solde ?
- Que faut-il faire pour passer du solde de départ au solde recherché ?
Cette méthode permet de reconstruire le rapprochement sans apprendre mécaniquement une série de signes.
39. Cas avec opération bancaire oubliée en comptabilité
Supposons maintenant que la banque affiche 30 € de frais absents de la comptabilité.
Il faut d’abord déterminer s’ils doivent être comptabilisés.
Après vérification, c’est bien le cas.
Étape 1 : comptabiliser les 30 €.
Étape 2 : actualiser le solde du compte 512.
Étape 3 : reprendre le rapprochement avec le solde corrigé.
Une opération bancaire qui doit être comptabilisée n’a pas vocation à rester indéfiniment comme simple différence de rapprochement.
40. Cas avec erreur comptable
Paiement réel : 540 €
Écriture comptable : 450 €
Le rapprochement fait apparaître un écart de 90 €.
Après contrôle du justificatif, on constate que la comptabilité est erronée.
Il faut alors corriger l’écriture selon son statut et les fonctions prévues par le logiciel.
41. Cas avec erreur bancaire potentielle
Le rapprochement peut également faire apparaître une opération bancaire que l’entreprise ne reconnaît pas.
Débit bancaire : 780 €
Aucun justificatif.
Aucune opération interne connue.
Il faut alors rechercher l’origine du mouvement et, si nécessaire, effectuer les démarches appropriées auprès de la banque.
42. Que faire des opérations anciennes non rapprochées ?
Une opération non rapprochée récente peut être un simple décalage.
Mais si elle reste non rapprochée pendant plusieurs périodes, il faut enquêter.
Paiement comptabilisé : 1 250 €
Toujours absent de la banque trois mois plus tard.
Il faut vérifier :
- si le paiement a réellement été effectué ;
- s’il a été annulé ;
- s’il a été enregistré sur le mauvais compte ;
- s’il existe un doublon ;
- si l’écriture comptable doit être corrigée.
43. L’ancienneté est donc un indicateur de contrôle
Une différence temporaire peut être normale. Une différence ancienne non expliquée devient un signal d’alerte.
44. Les rapprochements successifs forment une continuité
Une opération en circulation à la fin d’un mois peut apparaître en banque le mois suivant.
31 octobre : paiement non encore débité.
2 novembre : paiement visible en banque.
Lors du rapprochement suivant, la ligne peut alors être rapprochée.
45. Exemple de suivi d’une opération en circulation
| Date | Situation |
|---|---|
| 31/10 | Écriture comptable présente, mouvement bancaire absent |
| 02/11 | Mouvement enregistré par la banque |
| Rapprochement suivant | Les deux opérations peuvent être rapprochées |
46. Le rapprochement bancaire est aussi un outil de détection des erreurs
Il peut notamment révéler :
- une opération oubliée ;
- un doublon ;
- un montant erroné ;
- une mauvaise banque ;
- un mouvement non identifié ;
- une opération ancienne toujours non rapprochée ;
- une erreur de saisie ;
- une opération bancaire inattendue.
47. Mais il ne contrôle pas toute la comptabilité
Un rapprochement bancaire correct ne signifie pas que toute la comptabilité est correcte.
Une facture fournisseur est imputée dans le mauvais compte de charge.
Le paiement est correctement enregistré.
Le mouvement bancaire peut parfaitement être rapproché.
Le rapprochement ne détectera pas nécessairement l’erreur d’imputation de la facture.
Le rapprochement bancaire est un contrôle important, mais ce n’est qu’un contrôle parmi d’autres.
48. Cas professionnel complet
L’entreprise Ulpia Services effectue son rapprochement au 30 novembre 2026.
Solde du compte 512 : 18 420 €
Solde indiqué par la banque : 19 125 €
Après comparaison, cinq éléments restent à analyser.
49. Élément 1 — Paiement fournisseur non encore débité
Comptabilité : − 1 200 €
Banque : aucun mouvement au 30 novembre
Le paiement est correctement enregistré et doit normalement apparaître ultérieurement.
Il s’agit donc, à cette date, d’un élément de rapprochement.
50. Élément 2 — Encaissement non encore crédité
Comptabilité : + 500 €
Banque : aucun mouvement au 30 novembre
L’encaissement est justifié mais pas encore visible en banque.
Il constitue également un élément de rapprochement.
51. Élément 3 — Frais bancaires oubliés
Banque : − 25 €
Comptabilité : aucune écriture
Après vérification, les frais sont justifiés.
Ils doivent être comptabilisés.
Débit 627 : 25 €
Crédit 512 : 25 €
52. Le solde comptable est alors corrigé
Avant frais : 18 420 €.
Après frais :
18 420 − 25 = 18 395 €.
C’est ce nouveau solde qu’il faut utiliser pour poursuivre l’analyse.
53. Élément 4 — Mouvement parfaitement correspondant
Comptabilité : − 840 €
Banque : − 840 €
Référence : OfficePro
Le mouvement est pointé.
Il ne constitue plus une différence à expliquer.
54. Élément 5 — Prélèvement inconnu
Banque : − 70 €
Aucune écriture comptable et aucune pièce retrouvée au moment du premier contrôle.
Cette opération doit faire l’objet de recherches.
On ne l’impute pas arbitrairement dans un compte de charge pour terminer plus vite le rapprochement.
55. Contrôle des différences connues
Après comptabilisation des frais bancaires, les deux opérations en circulation expliquent :
Paiement comptabilisé mais non débité : 1 200 €
Encaissement comptabilisé mais non crédité : 500 €
Différence nette :
1 200 − 500 = 700 €
À partir du solde comptable corrigé :
18 395 + 1 200 − 500 = 19 095 €.
La banque affiche pourtant : 19 125 €.
Il subsiste donc :
19 125 − 19 095 = 30 €
de différence à expliquer.
Le prélèvement inconnu de 70 € et/ou d’autres mouvements doivent encore être analysés jusqu’à obtenir une explication complète et cohérente.
56. Pourquoi ce cas est important
Dans un exercice scolaire simplifié, on pourrait être tenté de chercher immédiatement une combinaison de chiffres permettant d’obtenir zéro.
Dans une situation professionnelle, ce n’est pas l’objectif.
Un rapprochement n’est terminé que lorsque les différences sont expliquées, pas simplement lorsque les calculs ont été artificiellement équilibrés.
57. La méthode professionnelle dans le logiciel
- Sélectionner le bon compte 512 et le bon journal.
- Choisir la date de rapprochement.
- Vérifier le rapprochement précédent.
- Charger ou consulter les mouvements bancaires.
- Comparer les écritures comptables et bancaires.
- Pointer les correspondances certaines.
- Contrôler les propositions automatiques.
- Isoler les opérations non rapprochées.
- Classer les différences : décalage, oubli, erreur, doublon ou mouvement inconnu.
- Rechercher les justificatifs nécessaires.
- Comptabiliser les opérations réellement manquantes.
- Corriger les erreurs identifiées selon la procédure appropriée.
- Actualiser le rapprochement.
- Contrôler les opérations restant en circulation.
- Justifier l’écart résiduel éventuel.
- Valider le rapprochement lorsque la situation est cohérente.
58. Les erreurs les plus fréquentes
Les différences de date peuvent être normales.
Un écart doit être expliqué, pas masqué.
Elle peut simplement être en circulation.
Si elle doit être comptabilisée, elle doit entrer dans les comptes.
Deux opérations peuvent avoir le même montant.
Un décalage de traitement bancaire peut exister.
Une correspondance proposée peut être incorrecte.
Les deux contrôles n’ont pas le même objet.
Leur ancienneté peut révéler une anomalie.
Des erreurs peuvent se compenser.
59. Checklist d’un rapprochement bancaire
- □ bon compte bancaire ;
- □ bonne date de rapprochement ;
- □ rapprochement précédent contrôlé ;
- □ solde comptable identifié ;
- □ solde bancaire identifié ;
- □ mouvements comparés ;
- □ correspondances certaines pointées ;
- □ propositions automatiques contrôlées ;
- □ opérations comptables absentes de la banque identifiées ;
- □ opérations bancaires absentes de la comptabilité identifiées ;
- □ frais et autres opérations manquantes comptabilisés si nécessaire ;
- □ doublons recherchés ;
- □ erreurs de montant analysées ;
- □ mauvaise banque éventuelle recherchée ;
- □ mouvements inconnus investigués ;
- □ anciennes opérations non rapprochées analysées ;
- □ écritures correctives justifiées ;
- □ écart final expliqué ;
- □ rapprochement conservé selon l’organisation du dossier.
60. Ce qu’il faut retenir
À retenir
- Le rapprochement bancaire compare la comptabilité de banque et les informations fournies par la banque.
- Le solde du 512 et le solde bancaire peuvent différer sans qu’il existe nécessairement une erreur.
- Une opération peut être comptabilisée avant d’apparaître à la banque.
- Une opération bancaire peut également ne pas encore être comptabilisée.
- Les mouvements correspondants doivent être pointés.
- Les mouvements non rapprochés doivent être expliqués.
- Un décalage de date ne nécessite pas automatiquement une écriture.
- Une opération réellement oubliée doit être comptabilisée.
- Une erreur doit être corrigée pour sa véritable cause.
- Un doublon peut être détecté grâce au rapprochement.
- Une opération ancienne non rapprochée doit attirer l’attention.
- Une proposition automatique du logiciel reste à contrôler.
- Le rapprochement bancaire et le lettrage sont deux contrôles différents.
- Un solde identique ne suffit pas à prouver que tous les mouvements sont corrects.
- Le but final est de pouvoir expliquer et justifier le solde bancaire comptable.
Mini-test
Voir la réponse
Non. Il faut d’abord identifier et expliquer l’origine de la différence.
Voir la réponse
Non. Il peut s’agir d’un simple décalage entre la comptabilité et le traitement bancaire.
Voir la réponse
Il faut identifier et vérifier l’opération puis, si elle doit être comptabilisée, enregistrer l’écriture appropriée avant d’actualiser le rapprochement.
Voir la réponse
Non. Il faut également contrôler les dates, références, libellés et autres informations disponibles.
Voir la réponse
Le lettrage rapproche des écritures qui se compensent dans un compte, notamment de tiers. Le rapprochement bancaire compare les écritures du compte bancaire avec les mouvements fournis par la banque.
Voir la réponse
Non. Son ancienneté impose de rechercher la cause : paiement non effectué, annulation, mauvaise banque, doublon ou autre erreur.
Voir la réponse
Non. Une proposition automatique doit être contrôlée, notamment lorsqu’il existe plusieurs opérations similaires.
Voir la réponse
Non. Des omissions ou erreurs de sens contraire peuvent se compenser. Il faut contrôler les mouvements, pas uniquement le solde.
Voir la réponse
12 350 + 1 000 − 300 = 13 050 €.
Voir la réponse
Vérifier les correspondances entre la comptabilité et la banque, identifier les anomalies et pouvoir expliquer les différences restantes afin de justifier le solde bancaire comptable.
Compétence acquise
Vous savez désormais effectuer un rapprochement bancaire dans une logique de logiciel comptable.
Vous savez comparer le compte 512 aux mouvements fournis par la banque, pointer les opérations correspondantes, distinguer un décalage normal d’une opération manquante ou d’une erreur, et traiter les anomalies sans créer artificiellement des écritures destinées à faire disparaître les écarts.
Vous savez surtout raisonner sur un rapprochement : une différence n’est pas un problème tant qu’elle est réelle, temporaire et expliquée ; une différence inexpliquée doit être recherchée.
La suite
Vous savez maintenant enregistrer les opérations bancaires puis contrôler leur concordance avec les informations de la banque.
La prochaine compétence du chapitre permettra de poursuivre la maîtrise du logiciel comptable sans anticiper son contenu.
Exercices du cours
Entraînez-vous avec 15 exercices progressifs. Ouvrez un exercice pour répondre, puis afficher sa correction.
