Saisir une facture client

Lorsqu’une entreprise vend un bien ou réalise une prestation, elle doit traduire cette opération dans sa comptabilité. Dans un logiciel comptable, saisir une facture client ne consiste pas simplement à renseigner un nom et un montant : il faut identifier le client, comprendre ce qui a été vendu, choisir le compte de produit approprié, traiter correctement la TVA, enregistrer la créance, renseigner les dates et références utiles puis contrôler l’écriture générée. Ce cours vous apprend à réaliser l’ensemble de cette opération, depuis la facture de vente jusqu’au contrôle comptable, sans dépendre d’un logiciel particulier.

À la fin de ce cours, vous saurez :
  • comprendre ce que représente comptablement une facture client ;
  • identifier les informations nécessaires à sa saisie ;
  • choisir le client et contrôler sa fiche ;
  • utiliser le journal de ventes approprié ;
  • choisir le compte de produit correspondant à l’opération ;
  • distinguer notamment ventes de marchandises et prestations de services ;
  • comprendre le fonctionnement du compte 411 Clients ;
  • traiter la TVA collectée dans une situation courante ;
  • comprendre que facturation et exigibilité de la TVA ne se confondent pas toujours ;
  • saisir une facture comportant plusieurs produits ou plusieurs taux de TVA ;
  • traiter une réduction figurant sur la facture ;
  • comprendre le rôle de la date d’échéance ;
  • distinguer facture et encaissement ;
  • éviter les doublons ;
  • contrôler l’écriture avant validation ;
  • repérer les principales erreurs de saisie.

1. Que signifie saisir une facture client ?

Une facture client traduit une vente réalisée par l’entreprise.

Dans une situation classique, elle constate notamment :

  • un produit correspondant à la vente réalisée ;
  • la TVA collectée lorsque l’opération est soumise à la TVA ;
  • une créance sur le client tant que celui-ci n’a pas payé.

Créance client

Somme que le client doit à l’entreprise à la suite d’une opération qui n’a pas encore été intégralement réglée.

La facture transforme comptablement la vente en produit et, lorsque le règlement n’est pas simultané, en créance sur le client.

2. La logique générale de l’écriture

Prenons une vente simple :

Vente de marchandises HT : 1 000 €

TVA 20 % : 200 €

Total TTC : 1 200 €

Dans une situation classique, l’écriture est :

Compte Nature Débit Crédit
411 Client 1 200 € —
707 Ventes de marchandises — 1 000 €
44571 TVA collectée — 200 €

3. Comprendre chaque ligne

411 au débit : 1 200 €

L’entreprise possède désormais une créance de 1 200 € sur son client.

707 au crédit : 1 000 €

L’entreprise constate le produit correspondant à la vente de marchandises.

44571 au crédit : 200 €

L’entreprise constate la TVA collectée dans la situation étudiée.

Le client doit le TTC. Le chiffre d’affaires comptabilisé dans le compte de vente est le montant HT dans cette situation soumise à TVA.

4. Le processus complet

1. Identifier la vente

↓

2. Contrôler la facture

↓

3. Identifier le client

↓

4. Choisir le journal de ventes

↓

5. Analyser ce qui a été vendu

↓

6. Choisir le compte de produit

↓

7. Déterminer le traitement de TVA

↓

8. Saisir les informations

↓

9. Contrôler l’écriture

↓

10. Valider selon la procédure prévue

5. Commencer par contrôler la facture

Facture de vente

Client : Nova SARL

Facture : FV-2026-184

Date : 12 octobre 2026

Marchandises HT : 2 000 €

TVA 20 % : 400 €

Total TTC : 2 400 €

Échéance : 11 novembre 2026

Avant de saisir, il faut vérifier que les informations sont cohérentes.

6. Quelles informations faut-il identifier ?

Information Utilité
Client Identifier le débiteur
Numéro de facture Identifier et tracer la pièce
Date Dater l’opération
Nature de la vente Choisir le compte de produit
Montant HT Déterminer notamment le produit et la base taxable
TVA Appliquer le traitement fiscal approprié
TTC Déterminer notamment la créance totale
Échéance Suivre le règlement attendu

7. Le numéro de facture est important

Le numéro permet d’identifier la pièce.

FV-2026-184

Il participe notamment :

  • à la traçabilité ;
  • aux recherches ;
  • au suivi du client ;
  • au rapprochement entre facture et écriture ;
  • aux contrôles comptables et fiscaux.

La numérotation des factures répond par ailleurs à des règles de facturation propres.

8. Attention aux doublons

Une facture de vente ne doit pas être comptabilisée deux fois.

Facture déjà enregistrée :

FV-2026-184 — Nova — 2 400 €

Une seconde importation du fichier de facturation réintroduit la même facture.

Si elle est comptabilisée à nouveau :

  • le chiffre d’affaires est doublé ;
  • la TVA peut être doublée ;
  • la créance client est doublée.
L’import automatique n’empêche pas nécessairement tous les doublons.

9. Choisir le journal

Dans l’organisation utilisée dans ce chapitre, les factures clients sont enregistrées dans :

Journal de ventes

Journal auxiliaire regroupant les factures et avoirs clients selon l’organisation comptable retenue.

Son code peut par exemple être :

VE.

Le code réel dépend du paramétrage du dossier.

10. Choisir le bon client

La facture doit être rattachée au bon compte client.

Client : Nova SARL

Compte auxiliaire : NOVA

Compte collectif : 411 — Clients

Le logiciel peut gérer des comptes auxiliaires pour suivre individuellement chaque client.

11. Pourquoi les comptes auxiliaires sont utiles

Imaginez 500 clients.

Si toutes les opérations étaient seulement regroupées dans le compte 411, il serait difficile de savoir :

  • quel client doit encore payer ;
  • quelle facture est en retard ;
  • quels règlements ont été reçus ;
  • quelles factures restent ouvertes.

Les comptes auxiliaires permettent de suivre chaque client individuellement.

12. Que faire si le client n’existe pas ?

Il faut créer la fiche selon la procédure prévue.

On peut notamment y retrouver :

  • nom ou raison sociale ;
  • adresse ;
  • coordonnées ;
  • identifiants nécessaires ;
  • conditions de règlement ;
  • mode de règlement ;
  • compte collectif ;
  • paramètres de TVA ou de facturation utiles ;
  • informations nécessaires au suivi commercial et comptable.
Avant de créer un client, vérifiez qu’il n’existe pas déjà.

Les doublons de fiches clients fragmentent le suivi des créances.

13. Choisir le compte de produit

Le compte dépend de ce que l’entreprise vend.

Opération Famille de comptes
Vente de produits finis 701
Travaux 704
Études 705
Prestations de services 706
Ventes de marchandises 707

On choisit le compte de produit en fonction de la nature de la vente, pas simplement en fonction du client.

14. Un même client peut générer plusieurs types de ventes

L’entreprise vend à Nova :

  • des marchandises ;
  • une prestation d’installation ;
  • une prestation de maintenance.

Le même client peut donc apparaître face à différents comptes de produits.

« Client Nova = compte 707 » serait une mauvaise règle automatique si Nova achète également des services.

15. Vente de marchandises : exemple complet

Marchandises : 2 000 € HT

TVA 20 % : 400 €

TTC : 2 400 €

Compte Débit Crédit
411 — Nova 2 400 € —
707 — Ventes de marchandises — 2 000 €
44571 — TVA collectée — 400 €

16. Vérifier le calcul

TVA :

2 000 × 20 % = 400 €

TTC :

2 000 + 400 = 2 400 €

Débit : 2 400 €

Crédit :

2 000 + 400 = 2 400 €

L’écriture est équilibrée.

17. Vente de marchandises et prestation de services : même logique générale, mais pas toujours mêmes conséquences fiscales

Comptablement, une facture de prestation peut également constater :

  • une créance client ;
  • un produit ;
  • la TVA lorsque l’opération est imposable.

Mais il faut distinguer la comptabilisation de la facture de la question de l’exigibilité de la TVA.

18. Qu’est-ce que l’exigibilité de la TVA ?

Exigibilité

Moment à partir duquel l’administration fiscale peut réclamer le paiement de la TVA due au titre d’une opération.

Facturer de la TVA, comptabiliser une facture et déterminer le moment où la TVA devient exigible sont des questions liées, mais qu’il ne faut pas confondre.

19. Vente de biens : principe à connaître

Pour les livraisons de biens, la TVA est en principe exigible au moment où intervient le fait générateur correspondant à la livraison, sous réserve des règles particulières applicables.

Pour raisonner correctement, il ne suffit donc pas de regarder la date du paiement du client.

20. Prestations de services : une différence essentielle

Pour les prestations de services, la TVA est en principe exigible lors de l’encaissement des acomptes, du prix ou de la rémunération, sauf notamment lorsqu’une option pour le paiement d’après les débits est applicable et exercée.

Une entreprise réalise une prestation : 1 000 € HT.

Facture : 1 200 € TTC.

Le client paie ultérieurement.

Il faut alors distinguer :

  • l’enregistrement comptable de la facture ;
  • la créance sur le client ;
  • le suivi de l’encaissement ;
  • le moment d’exigibilité de la TVA.

21. Pourquoi le logiciel doit connaître ces paramètres ?

Un logiciel comptable peut utiliser des codes de TVA et des paramètres permettant de distinguer différentes situations.

Ces informations peuvent servir :

  • à la saisie ;
  • au suivi de la TVA ;
  • à la préparation des déclarations ;
  • au traitement des encaissements ;
  • aux contrôles fiscaux.
Un mauvais paramétrage de TVA peut produire une écriture équilibrée mais un suivi fiscal incorrect.

22. Exemple de prestation de services

Prestation : 1 500 € HT

TVA 20 % : 300 €

TTC : 1 800 €

L’écriture de facturation peut notamment constater :

Compte Débit Crédit
411 — Client 1 800 € —
706 — Prestations de services — 1 500 €
Compte de TVA approprié selon le traitement retenu — 300 €

Le paramétrage du logiciel doit ensuite permettre de suivre correctement l’exigibilité de cette TVA selon le régime applicable.

23. Pourquoi ne pas apprendre seulement « 44571 » ?

Dans les exercices simples, on utilise souvent directement le compte 44571 « TVA collectée ».

C’est utile pour comprendre le mécanisme de base.

Mais dans un logiciel professionnel, le traitement peut être plus détaillé, notamment pour permettre le suivi de la TVA sur les encaissements.

Il faut maîtriser le principe comptable avant d’apprendre les automatismes d’un logiciel particulier.

24. Une facture peut contenir plusieurs ventes

Marchandises : 1 000 € HT

Prestation : 500 € HT

TVA 20 % : 300 €

TTC : 1 800 €

Une seule facture peut donc alimenter plusieurs comptes de produits.

25. Exemple avec plusieurs produits

Compte Débit Crédit
411 — Client 1 800 € —
707 — Marchandises — 1 000 €
706 — Prestations — 500 €
TVA — 300 €
Lorsqu’une facture mélange plusieurs catégories d’opérations, il faut également vérifier si leur traitement de TVA et leur exigibilité sont identiques.

26. Une facture peut comporter plusieurs taux de TVA

Produit A : 1 000 € HT à 20 %

TVA : 200 €

Produit B : 500 € HT à 10 %

TVA : 50 €

Total HT : 1 500 €

TVA : 250 €

TTC : 1 750 €

Le logiciel doit conserver la distinction entre les bases et les taux correspondants.

27. Pourquoi le détail par taux est important

Si l’utilisateur applique 20 % à l’ensemble :

1 500 × 20 % = 300 €.

La TVA correcte de notre exemple est :

200 + 50 = 250 €.

L’erreur serait donc :

300 − 250 = 50 €.

Le total TTC ne suffit pas : il faut comprendre comment il est construit.

28. Toutes les ventes ne sont pas automatiquement soumises à la TVA française

Selon l’opération, le client, le territoire, le régime de l’entreprise ou les règles particulières applicables, le traitement de TVA peut varier.

On peut notamment rencontrer :

  • des opérations soumises à la TVA française ;
  • des opérations exonérées ;
  • des opérations relevant de règles de territorialité particulières ;
  • des opérations faisant l’objet d’une autoliquidation ;
  • des entreprises bénéficiant de la franchise en base ;
  • d’autres régimes spécifiques.

Le code TVA doit traduire la situation fiscale réelle de l’opération.

29. Exemple d’entreprise en franchise en base

Une entreprise bénéficiant de la franchise en base ne facture normalement pas la TVA sur les opérations couvertes par ce régime.

Prestation facturée : 1 000 €

TVA facturée : 0 € dans cette situation.

Créance client : 1 000 €

Il ne faut donc pas appliquer mécaniquement 20 % à toutes les factures clients.

30. Les réductions commerciales sur facture

Une facture peut comporter une remise directement accordée au client.

Prix brut : 1 000 €

Remise 10 % : 100 €

Net commercial : 900 € HT

TVA 20 % : 180 €

TTC : 1 080 €

Dans cette situation, le produit comptabilisé correspond au montant net commercial de la vente selon le traitement applicable.

31. Ne pas gonfler artificiellement le chiffre d’affaires

Si le montant net de la vente est de 900 €, il serait incorrect, dans notre situation, d’enregistrer :

1 000 € de vente

simplement parce qu’il s’agit du prix avant remise.

La comptabilité doit traduire la réalité de l’opération facturée.

32. Les frais facturés au client

Une facture peut également comporter des éléments accessoires :

  • transport ;
  • emballage ;
  • frais divers liés à l’opération.

Leur traitement dépend de leur nature et des règles applicables.

Il ne faut pas les ignorer simplement parce qu’ils ne correspondent pas au produit principal vendu.

33. Date de facture, date de saisie et échéance

Comme pour une facture fournisseur, plusieurs dates peuvent coexister.

Date de facture

Date portée sur la facture.


Date de saisie

Date à laquelle l’opération est matériellement enregistrée dans le logiciel.


Date d’échéance

Date prévue pour le règlement par le client.

Date de facture : 12 octobre

Date de saisie : 13 octobre

Échéance : 11 novembre

34. Pourquoi l’échéance est-elle importante ?

Une fois la facture enregistrée, le logiciel peut utiliser l’échéance pour suivre les créances.

  • factures non échues ;
  • factures arrivant à échéance ;
  • factures en retard ;
  • relances clients ;
  • prévisions d’encaissement ;
  • suivi de trésorerie.

La comptabilité client sert donc aussi au pilotage du recouvrement.

35. Facturer ne signifie pas encaisser

Lorsque la facture est saisie :

411 Client : 2 400 € au débit.

Cela signifie que le client doit 2 400 €.

L’entreprise n’a pas nécessairement reçu l’argent.

Créance ≠ trésorerie.

36. Que se passe-t-il lorsque le client paie ?

Supposons que Nova règle les 2 400 € par virement.

Une nouvelle écriture est enregistrée, généralement dans le journal bancaire.

Compte Débit Crédit
512 — Banque 2 400 € —
411 — Nova — 2 400 €

Si aucun autre mouvement ne concerne cette facture, la créance est alors soldée.

37. Le paiement ne crée pas une seconde vente

Erreur fréquente

Lors de l’encaissement, enregistrer à nouveau :

512 Banque au débit

et

707 Ventes au crédit.

Si la facture a déjà été comptabilisée, cela enregistrerait une seconde fois le produit.

Facture : création de la créance et du produit.

Règlement : extinction de la créance et augmentation de la banque.

38. Le lettrage permettra de relier facture et règlement

Une fois la facture et le règlement comptabilisés, le logiciel peut permettre de les rapprocher.

Facture FV-2026-184 : + 2 400 € de créance

↕

Règlement : − 2 400 € de créance

↓

Solde : 0 €

Cette opération sera étudiée plus précisément avec le lettrage.

39. Le client peut payer partiellement

Facture : 2 400 €

Premier règlement : 1 000 €

Créance restante :

2 400 − 1 000 = 1 400 €.

La facture n’est donc pas soldée.

Le logiciel doit permettre de suivre le montant restant dû, pas seulement l’existence initiale de la facture.

40. Le logiciel peut générer l’écriture automatiquement

Dans certains systèmes, la facture est créée dans un module commercial.

Elle est ensuite transférée ou intégrée automatiquement en comptabilité.

Devis / commande

↓

Livraison ou prestation

↓

Facture client

↓

Écriture comptable

↓

Compte client + produit + TVA

41. Que faut-il contrôler lorsqu’une facture est importée automatiquement ?

  • le client ;
  • la date ;
  • la référence ;
  • le journal ;
  • le ou les comptes de produits ;
  • les codes de TVA ;
  • les montants HT ;
  • la TVA ;
  • le TTC ;
  • l’échéance ;
  • l’absence de doublon.
Automatique ne signifie pas incontestable.

42. Cas d’erreur : mauvais client

Facture destinée à : Nova SARL

Écriture affectée par erreur à : Nova Services SAS

Le produit et la TVA peuvent être parfaitement corrects.

Mais la créance apparaît sur le mauvais client.

Cela perturbe :

  • le suivi des créances ;
  • les relances ;
  • le lettrage ;
  • les relevés clients ;
  • les contrôles.

43. Cas d’erreur : mauvais compte de produit

L’entreprise facture une prestation de conseil.

Le logiciel utilise par erreur : 707 — Ventes de marchandises.

Le montant de la créance peut être correct.

La TVA peut être correcte.

L’écriture peut être équilibrée.

Mais le chiffre d’affaires est mal ventilé.

44. Cas d’erreur : mauvais taux de TVA

Base : 1 000 €

Taux applicable dans l’exemple : 20 %

TVA correcte : 200 €

Code sélectionné par erreur : 10 %

TVA calculée par le logiciel : 100 €

Le logiciel a correctement calculé le mauvais taux sélectionné.

L’automatisation ne détecte pas nécessairement l’erreur de raisonnement.

45. Cas d’erreur : mauvaise date

Facture : 31 décembre 2026

Saisie avec une date comptable : 3 janvier 2027

Sans analyse appropriée, l’opération peut être rattachée à une mauvaise période ou un mauvais exercice.

Les opérations proches de la clôture nécessitent un contrôle particulier.

46. Cas d’erreur : enregistrer l’encaissement comme une nouvelle vente

Facture déjà enregistrée : 1 200 € TTC

Le client paie 1 200 €.

La bonne logique est :

Débit banque : 1 200 €

Crédit client : 1 200 €

Si l’utilisateur crédite à nouveau le compte de ventes, le chiffre d’affaires est comptabilisé une seconde fois.

47. Cas d’erreur : créer plusieurs fiches pour le même client

411NOVA

411NOVASARL

411NOVA01

Si ces trois comptes correspondent à la même entreprise, les factures et règlements peuvent se retrouver dispersés.

Cela complique :

  • le lettrage ;
  • les relances ;
  • l’analyse du solde ;
  • les contrôles.

48. Cas professionnel complet

Ulpia Services

L’entreprise facture une prestation à : Orion SAS.

Facture : FV-2026-245

Date : 20 octobre 2026

Prestation : 3 000 € HT

TVA 20 % : 600 €

TTC : 3 600 €

Échéance : 19 novembre 2026

Étape 1 — Contrôler la facture

L’utilisateur vérifie :

  • le client ;
  • la référence ;
  • la date ;
  • la nature de la prestation ;
  • le montant ;
  • la TVA ;
  • l’échéance.

Étape 2 — Contrôler le client

Orion SAS existe dans le fichier clients.

Étape 3 — Choisir le journal

Journal : VE — Ventes.

Étape 4 — Identifier le produit

Il s’agit d’une prestation de services.

Le compte approprié de la famille 706 est utilisé selon le plan de comptes de l’entreprise.

Étape 5 — Contrôler les montants

3 000 × 20 % = 600 €.

3 000 + 600 = 3 600 €.

Étape 6 — Saisir l’écriture

Compte Débit Crédit
411 — Orion 3 600 € —
706 — Prestations de services — 3 000 €
TVA selon le paramétrage applicable — 600 €

Étape 7 — Contrôler l’équilibre

Débit : 3 600 €

Crédit :

3 000 + 600 = 3 600 €

Étape 8 — Contrôler la TVA

L’utilisateur ne s’arrête pas au montant de 600 €.

Il vérifie également que le code et le paramétrage utilisés correspondent bien au traitement fiscal de la prestation, notamment en matière d’exigibilité.

Étape 9 — Valider

Après contrôle, l’écriture suit la procédure de validation prévue.

49. Méthode professionnelle

  1. Identifier la facture et le client.
  2. Contrôler les informations du document.
  3. Vérifier l’absence de doublon.
  4. Sélectionner le journal de ventes approprié.
  5. Choisir le bon client.
  6. Analyser la nature de la vente.
  7. Choisir le ou les comptes de produits.
  8. Déterminer le traitement de TVA.
  9. Vérifier l’exigibilité lorsque cela est nécessaire.
  10. Saisir date, référence, libellé et échéance.
  11. Saisir ou contrôler HT, TVA et TTC.
  12. Contrôler la créance client.
  13. Vérifier l’équilibre débit/crédit.
  14. Contrôler les automatismes du logiciel.
  15. Valider seulement lorsque l’ensemble est cohérent.

50. Les erreurs les plus fréquentes

Erreur 1 — Mauvais client

La créance est affectée au mauvais tiers.

Erreur 2 — Mauvais compte de produit

Le chiffre d’affaires est mal ventilé.

Erreur 3 — Mauvais taux ou mauvais code de TVA

Le logiciel peut produire un calcul exact à partir d’un paramètre incorrect.

Erreur 4 — Confondre facture et encaissement

La vente risque d’être comptabilisée deux fois.

Erreur 5 — Saisir deux fois la facture

Créance, produit et éventuellement TVA sont doublés.

Erreur 6 — Appliquer automatiquement 20 % de TVA

Le traitement dépend de l’opération réellement réalisée.

Erreur 7 — Confondre facturation et exigibilité de la TVA

Cette erreur est particulièrement importante pour certaines prestations de services.

Erreur 8 — Oublier l’échéance

Le suivi du recouvrement et de la trésorerie devient moins fiable.

Erreur 9 — Faire confiance aveuglément à l’import

Une écriture automatiquement générée doit rester contrôlable.

Erreur 10 — Croire qu’une écriture équilibrée est nécessairement correcte

Le client, le produit, la TVA ou la période peuvent être erronés malgré l’équilibre.

51. Checklist avant validation

  • □ bon journal ;
  • □ bon client ;
  • □ absence de doublon ;
  • □ bonne date ;
  • □ bonne référence ;
  • □ bon libellé ;
  • □ bonne échéance ;
  • □ nature de la vente comprise ;
  • □ bon compte de produit ;
  • □ traitement de TVA correct ;
  • □ exigibilité analysée si nécessaire ;
  • □ montant HT correct ;
  • □ TVA correcte ;
  • □ TTC correct ;
  • □ créance client correcte ;
  • □ débit = crédit ;
  • □ automatisations contrôlées.

52. Ce qu’il faut retenir

À retenir

  • Une facture client constate notamment une vente et une créance.
  • Le compte 411 représente la créance sur le client.
  • Les ventes sont enregistrées dans les subdivisions appropriées du compte 70.
  • La TVA collectée est enregistrée selon le traitement applicable.
  • Le client doit généralement le montant TTC de la facture.
  • Le compte de produit dépend de la nature de ce qui est vendu.
  • Un même client peut être associé à plusieurs comptes de produits.
  • Une facture peut contenir plusieurs catégories de ventes.
  • Elle peut également comporter plusieurs taux de TVA.
  • Toutes les opérations ne sont pas automatiquement soumises à 20 % de TVA française.
  • Facturation et exigibilité de la TVA ne doivent pas être confondues.
  • La distinction entre ventes de biens et prestations de services est importante pour la TVA.
  • L’échéance permet de suivre les sommes à encaisser.
  • Une créance n’est pas de la trésorerie.
  • La facture et son encaissement sont deux opérations distinctes.
  • Le règlement du client ne doit pas créer une seconde vente.
  • Les imports et automatismes doivent être contrôlés.
  • Une écriture équilibrée peut être comptablement ou fiscalement incorrecte.

Mini-test

1. Une entreprise facture 1 000 € HT et 200 € de TVA. Quel montant est débité au compte client dans le cas classique ?
Voir la réponse

1 200 €, soit le montant TTC dû par le client.

2. Pourquoi le compte 411 est-il débité lors de la facturation ?
Voir la réponse

Parce que l’entreprise constate une créance sur le client : le client lui doit de l’argent.

3. Une prestation de services doit-elle être enregistrée automatiquement en 707 ?
Voir la réponse

Non. Le compte 707 concerne les ventes de marchandises. Une prestation relève normalement du compte approprié, notamment de la famille 706 dans le cas courant.

4. Facturer une prestation signifie-t-il toujours que la TVA est immédiatement exigible ?
Voir la réponse

Non. Pour les prestations de services, l’exigibilité intervient en principe lors de l’encaissement, sous réserve notamment des règles particulières et de l’option pour les débits.

5. Le client règle une facture déjà comptabilisée. Faut-il créditer une nouvelle fois le compte de vente ?
Voir la réponse

Non. Le règlement doit normalement réduire la créance client. Recréditer le compte de vente comptabiliserait le produit une seconde fois.

6. Une facture comporte deux taux de TVA. Peut-on appliquer un taux moyen au total HT ?
Voir la réponse

Non. Il faut conserver les bases correspondant aux différents taux et appliquer le traitement approprié à chacune.

7. Une entreprise en franchise en base facture-t-elle automatiquement 20 % de TVA ?
Voir la réponse

Non. Une entreprise bénéficiant de la franchise en base ne facture normalement pas la TVA sur les opérations couvertes par ce régime.

8. Une facture est de 2 400 € et le client verse seulement 1 000 €. Quel est le solde restant dû ?
Voir la réponse

2 400 − 1 000 = 1 400 €.

9. Une écriture de vente est équilibrée. Est-elle forcément correcte ?
Voir la réponse

Non. Le client, le compte de produit, la TVA, la date ou d’autres informations peuvent être incorrects malgré l’équilibre.

10. Pourquoi l’échéance est-elle utile ?
Voir la réponse

Elle permet notamment de suivre les règlements attendus, les retards, les relances et les prévisions d’encaissement.

Compétence acquise

Vous savez désormais saisir et contrôler une facture client dans un logiciel comptable.

Vous savez identifier le client, analyser ce qui a été vendu, choisir le compte de produit, traiter la TVA, constater la créance, renseigner l’échéance et contrôler l’écriture générée.

Vous savez surtout distinguer vente, facturation, créance, TVA et encaissement, ce qui permet de raisonner correctement même lorsque le logiciel automatise une partie du travail.

La suite

Vous savez maintenant enregistrer les deux grands flux de facturation : les factures fournisseurs et les factures clients.

La prochaine compétence permettra de poursuivre le cycle comptable dans le logiciel.

Exercices du cours

Entraînez-vous avec 15 exercices progressifs. Ouvrez un exercice pour répondre, puis afficher sa correction.