Lire et contrôler un relevé bancaire
Le relevé bancaire retrace les opérations enregistrées par la banque sur le compte de l’entreprise : virements, prélèvements, paiements par carte, encaissements, frais, remises ou encore intérêts. En comptabilité, il constitue un document essentiel pour contrôler le compte 512 Banque. Mais il faut savoir le lire correctement : le relevé est établi du point de vue de la banque, alors que le compte 512 est tenu du point de vue de l’entreprise. Cette différence explique notamment pourquoi les notions de débit et de crédit semblent inversées.
- identifier les informations principales d’un relevé bancaire ;
- comprendre les colonnes débit et crédit du relevé ;
- faire le lien entre le relevé bancaire et le compte 512 ;
- comprendre l’inversion de lecture entre la banque et l’entreprise ;
- pointer les opérations communes aux deux documents ;
- repérer une opération bancaire absente de la comptabilité ;
- repérer une écriture comptable absente du relevé ;
- distinguer un décalage de date d’une véritable erreur ;
- contrôler les montants et les éventuels doublons ;
- préparer un futur rapprochement bancaire.
1. Qu’est-ce qu’un relevé bancaire ?
Le relevé bancaire est un document qui récapitule les opérations enregistrées sur un compte bancaire pendant une période donnée.
Il permet notamment de suivre :
- les sommes versées sur le compte ;
- les sommes prélevées sur le compte ;
- les paiements par carte ;
- les virements reçus ou émis ;
- les prélèvements ;
- les remises ;
- les frais et commissions ;
- les intérêts éventuels ;
- le solde du compte.
2. Le relevé bancaire et le compte 512 ne sont pas le même document
Relevé bancaire
Il est établi par la banque.
Il présente les opérations du point de vue de la banque.
Compte 512 Banque
Il appartient à la comptabilité de l’entreprise.
Il présente les opérations du point de vue de l’entreprise.
Deux points de vue sur le même compte bancaire
Le relevé bancaire décrit la relation du point de vue de la banque.
Le compte 512 décrit cette même relation du point de vue de l’entreprise.
3. Les informations présentes sur un relevé
La présentation varie selon les banques, mais on retrouve généralement plusieurs informations.
| Information | Utilité |
|---|---|
| Date | Identifier le moment où l’opération est enregistrée par la banque |
| Libellé | Identifier la nature ou l’origine du mouvement |
| Débit | Somme retirée du compte selon la présentation bancaire |
| Crédit | Somme portée au crédit du compte par la banque |
| Solde | Situation du compte après prise en compte des opérations |
4. Exemple simplifié de relevé bancaire
| Date | Libellé | Débit | Crédit |
|---|---|---|---|
| 03/06 | Virement client MARTIN | — | 1 200 € |
| 05/06 | Prélèvement fournisseur | 450 € | — |
| 07/06 | Paiement CB | 120 € | — |
| 10/06 | Frais bancaires | 20 € | — |
5. Le piège essentiel : débit et crédit semblent inversés
C’est l’une des difficultés les plus fréquentes lorsqu’on débute en comptabilité.
Une somme inscrite au crédit du relevé bancaire correspond généralement à une augmentation de l’argent disponible pour l’entreprise.
Dans la comptabilité de l’entreprise, cette augmentation du compte 512 est enregistrée au débit.
6. Exemple : virement reçu d’un client
Un client verse 1 200 € sur le compte bancaire.
Sur le relevé bancaire
Le montant peut apparaître dans la colonne Crédit : 1 200 €.
Dans la comptabilité de l’entreprise
| 512 — Banque | Débit 1 200 € |
| 411 — Clients | Crédit 1 200 € |
À mémoriser
Crédit sur le relevé bancaire peut correspondre à débit du compte 512.
7. Exemple : paiement d’un fournisseur
L’entreprise règle 700 € à un fournisseur.
Sur le relevé bancaire
Le montant apparaît généralement au débit : 700 €.
Dans la comptabilité de l’entreprise
| 401 — Fournisseurs | Débit 700 € |
| 512 — Banque | Crédit 700 € |
8. Tableau de correspondance essentiel
| Situation | Relevé bancaire | Compte 512 de l’entreprise |
|---|---|---|
| Argent qui entre sur le compte | Crédit | Débit |
| Argent qui sort du compte | Débit | Crédit |
Réflexe comptable
Ne recopiez jamais mécaniquement la colonne « débit » ou « crédit » du relevé dans le même côté du compte 512.
9. Pourquoi les deux points de vue sont-ils inversés ?
Pour l’entreprise, l’argent disponible sur son compte bancaire constitue normalement un élément de sa trésorerie.
Le compte 512 est donc, dans la situation habituelle, un compte d’actif.
Pour la banque, la relation est observée depuis l’autre côté : les sommes disponibles sur le compte du client représentent une obligation de la banque envers celui-ci.
Deux comptabilités, deux regards
Ce qui constitue une augmentation de trésorerie pour l’entreprise n’est pas présenté du même côté dans les comptes de la banque.
10. Première mission : vérifier le solde
Avant d’examiner chaque opération, il faut identifier :
- la période couverte par le relevé ;
- le solde de début ;
- les mouvements de la période ;
- le solde de fin.
Une vérification arithmétique simple peut être effectuée.
11. Exemple de contrôle du solde
Solde bancaire initial : 5 000 €.
Entrées : 3 200 €.
Sorties : 2 100 €.
5 000 + 3 200 − 2 100 = 6 100 €
Le solde final attendu est donc 6 100 €.
12. Deuxième mission : pointer les opérations
Contrôler le relevé consiste ensuite à comparer les opérations bancaires avec celles enregistrées dans le compte 512.
Lorsqu’une même opération est retrouvée dans les deux documents, elle peut être pointée.
Pointer une opération
C’est constater qu’un mouvement du relevé bancaire correspond à une écriture enregistrée dans la comptabilité de l’entreprise.
13. Comment reconnaître deux opérations correspondantes ?
On ne se contente pas toujours de comparer les dates.
Plusieurs éléments doivent être examinés :
- le montant ;
- le sens du mouvement ;
- le libellé ;
- le bénéficiaire ou l’émetteur ;
- la référence du virement ou du prélèvement ;
- la date ;
- le moyen de paiement utilisé.
14. Les dates peuvent être différentes
Une opération peut être enregistrée dans la comptabilité de l’entreprise à une date différente de celle à laquelle elle apparaît sur le relevé.
Paiement comptabilisé : 29 juin.
Mouvement apparaissant sur le relevé : 2 juillet.
Il faut vérifier si les autres éléments permettent d’identifier la même opération.
15. Exemple de pointage
| Compte 512 | Relevé bancaire | Conclusion |
|---|---|---|
| Paiement fournisseur — 500 € — 28/06 | Virement fournisseur — 500 € — 30/06 | Correspondance probable à vérifier puis pointer |
| Encaissement client — 900 € — 05/07 | Virement client — 900 € — 05/07 | À pointer |
16. Que signifie une opération non pointée ?
Une opération non pointée est une opération pour laquelle aucune correspondance n’a encore été trouvée.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’il existe une erreur.
Elle peut correspondre à :
- un simple décalage de date ;
- une écriture comptable oubliée ;
- une opération pas encore enregistrée par la banque ;
- une erreur de montant ;
- un doublon ;
- une opération inconnue ;
- une mauvaise imputation.
17. Opération présente sur le relevé mais absente du compte 512
Le relevé bancaire indique :
Frais bancaires — 35 €.
Aucun mouvement correspondant n’apparaît dans le compte 512.
La banque a déjà enregistré l’opération, mais pas l’entreprise.
Que faire ?
Il faut identifier et vérifier l’opération, puis enregistrer l’écriture comptable appropriée.
Dans cet exemple simplifié, si les 35 € correspondent bien à des services bancaires :
Débit 627 : 35 €
Crédit 512 : 35 €
18. Autres opérations découvertes grâce au relevé
Le relevé peut révéler différentes opérations qui n’ont pas encore été enregistrées.
- frais bancaires ;
- intérêts ;
- prélèvement automatique ;
- virement reçu ;
- commission ;
- paiement par carte oublié ;
- rejet ou régularisation bancaire.
Les justificatifs doivent être recherchés lorsque la nature du mouvement n’est pas suffisamment claire.
19. Opération présente en comptabilité mais absente du relevé
La situation inverse est également fréquente.
L’entreprise a enregistré un règlement par chèque de 800 €.
Le chèque n’a pas encore été présenté à la banque.
L’écriture figure donc dans le compte 512, mais pas encore sur le relevé bancaire.
Ce n’est pas nécessairement une erreur
Il peut simplement s’agir d’une opération en circulation, qui apparaîtra ultérieurement sur le relevé.
20. Les principales causes de décalage
| Situation | Effet possible |
|---|---|
| Chèque émis non encore encaissé | Présent en comptabilité, absent du relevé |
| Paiement carte en cours de traitement | Décalage de date |
| Virement en cours | Décalage entre enregistrement et banque |
| Frais bancaires | Présents sur le relevé avant leur saisie comptable |
| Prélèvement automatique | Peut être découvert lors du contrôle bancaire |
| Encaissement en cours | Peut apparaître à des dates différentes |
21. Contrôler les montants
Deux opérations portant le même libellé ne doivent pas être pointées automatiquement.
Comptabilité : prélèvement 540 €.
Relevé bancaire : prélèvement 450 €.
Il faut rechercher l’origine de la différence avant de considérer les opérations comme identiques.
22. Contrôler le sens du mouvement
Le montant seul ne suffit pas non plus.
Deux mouvements de 300 € apparaissent le même jour.
L’un correspond à un encaissement client, l’autre à un paiement fournisseur.
Ils ont le même montant, mais pas le même sens ni la même nature.
23. Contrôler les doublons
Le contrôle bancaire peut également permettre de détecter une opération enregistrée deux fois en comptabilité.
Le compte 512 contient deux fois :
Virement fournisseur — 600 €.
Le relevé bancaire ne présente qu’un seul virement de 600 €.
Il faut vérifier les pièces et déterminer si une écriture comptable a effectivement été enregistrée en double.
24. Contrôler les opérations inconnues
Le relevé indique :
CB XYZ — 187,40 €.
Personne ne retrouve immédiatement le justificatif.
Il faut rechercher la nature réelle de l’opération avant de déterminer son traitement comptable définitif.
25. Le relevé bancaire n’est pas une facture
Le relevé constitue une preuve importante du mouvement financier.
Mais il ne contient pas nécessairement toutes les informations nécessaires pour comptabiliser correctement l’opération d’origine.
Le relevé permet notamment de connaître
- le montant du mouvement ;
- sa date bancaire ;
- son sens ;
- un libellé.
Le justificatif peut être nécessaire pour connaître
- la nature exacte de la dépense ;
- le montant HT ;
- la TVA ;
- le fournisseur ;
- le détail de l’opération.
26. Le solde du relevé et le solde du compte 512 peuvent différer
Après avoir compris les décalages précédents, cette situation devient logique.
Solde du relevé bancaire : 10 500 €.
Solde du compte 512 : 9 800 €.
La différence de 700 € ne signifie pas automatiquement que la comptabilité est fausse.
10 500 − 9 800 = 700 €
Il faut expliquer cette différence en analysant les opérations non pointées.
27. Exemple : un chèque explique la différence
Le compte 512 tient déjà compte d’un chèque de 700 € remis à un fournisseur.
Ce chèque n’a pas encore été débité par la banque.
Le relevé affiche donc encore 700 € de plus que la comptabilité.
La différence est expliquée
Elle correspond à une opération déjà comptabilisée mais pas encore enregistrée par la banque.
28. Mais une différence peut aussi révéler une erreur
Il ne faut donc pas conclure automatiquement que toute différence est normale.
Une différence peut aussi provenir :
- d’une écriture oubliée ;
- d’un montant erroné ;
- d’une écriture enregistrée deux fois ;
- d’une mauvaise imputation ;
- d’une opération bancaire inconnue ;
- d’une erreur nécessitant une vérification auprès de la banque.
29. Méthode de contrôle d’un relevé bancaire
Étape 1 — Vérifier la période
S’assurer que le relevé et la comptabilité concernent bien la même période.
Étape 2 — Identifier les soldes
Repérer le solde initial et le solde final du relevé.
Étape 3 — Comparer les opérations
Rechercher les mouvements correspondants dans le compte 512.
Étape 4 — Pointer les opérations communes
Vérifier montant, sens, référence, libellé et date.
Étape 5 — Isoler les opérations non pointées
Elles constituent les éléments qui restent à expliquer.
Étape 6 — Identifier les simples décalages
Par exemple un chèque qui n’a pas encore été présenté.
Étape 7 — Identifier les écritures manquantes
Par exemple des frais bancaires découverts sur le relevé.
Étape 8 — Rechercher les anomalies
Montant incorrect, doublon, mouvement inconnu ou autre incohérence.
30. Faut-il modifier la comptabilité pour chaque différence ?
Non.
C’est une distinction essentielle.
Simple décalage
Une opération est correctement enregistrée en comptabilité mais pas encore sur le relevé.
Pas de nouvelle écriture simplement pour faire disparaître l’écart.
Écriture réellement manquante
Une opération bancaire existe mais n’a pas été enregistrée dans la comptabilité.
Une écriture comptable peut alors être nécessaire.
31. Exemple : ne pas comptabiliser deux fois un chèque
Un chèque fournisseur de 400 € a déjà été enregistré :
Débit 401 : 400 €
Crédit 512 : 400 €
Il n’apparaît pas encore sur le relevé.
Le paiement est déjà comptabilisé. Il s’agit simplement d’un décalage entre la comptabilité et la banque.
32. Exemple : une écriture est réellement manquante
Le relevé présente un prélèvement de 240 € correspondant à une dette fournisseur déjà comptabilisée.
Aucun règlement n’a encore été enregistré dans le compte 512.
Après vérification, l’écriture manquante est :
Débit 401 : 240 €
Crédit 512 : 240 €
33. Exemple complet de contrôle
Virement client : +1 500 €
Règlement fournisseur : −600 €
Chèque fournisseur : −300 €
Virement client : +1 500 €
Règlement fournisseur : −600 €
Frais bancaires : −25 €
Étape 1 — Pointer les opérations communes
Virement client 1 500 € : pointé.
Règlement fournisseur 600 € : pointé.
Étape 2 — Identifier ce qui reste
Côté comptabilité : chèque de 300 € non présent sur le relevé.
Côté relevé : frais bancaires de 25 € absents de la comptabilité.
Étape 3 — Analyser
Le chèque de 300 € peut constituer un simple décalage s’il n’a pas encore été présenté.
Les frais bancaires de 25 € nécessitent en revanche une écriture s’ils sont confirmés et non comptabilisés.
Étape 4 — Enregistrer les frais manquants
Débit 627 : 25 €
Crédit 512 : 25 €
Le contrôle bancaire a donc deux fonctions
Expliquer les décalages normaux et détecter les écritures ou anomalies à corriger.
34. Les erreurs à éviter
Le relevé bancaire et le compte 512 sont présentés de deux points de vue différents.
Certaines différences correspondent simplement à des décalages de date.
Une différence peut aussi révéler une écriture oubliée ou incorrecte.
Il faut également vérifier la nature, le sens, la référence et la date.
Une opération déjà correctement enregistrée ne doit pas être saisie une seconde fois.
Il faut rechercher les justificatifs et comprendre le mouvement.
Le relevé décrit le mouvement financier, mais ne fournit pas toujours les informations nécessaires sur l’opération d’origine.
35. Du contrôle au rapprochement bancaire
À ce stade, vous savez :
- lire un relevé bancaire ;
- comprendre ses colonnes débit et crédit ;
- faire le lien avec le compte 512 ;
- pointer les opérations communes ;
- isoler les opérations non pointées ;
- repérer les décalages ;
- identifier certaines écritures manquantes ;
- repérer certaines anomalies.
Étape suivante
Lorsque le solde du relevé bancaire et celui du compte 512 diffèrent, nous allons organiser tous ces éléments afin d’expliquer précisément la différence.
C’est le principe du rapprochement bancaire.
À retenir
- Le relevé bancaire est établi du point de vue de la banque.
- Le compte 512 est tenu du point de vue de l’entreprise.
- Une entrée d’argent apparaît généralement au crédit du relevé mais au débit du compte 512.
- Une sortie apparaît généralement au débit du relevé mais au crédit du compte 512.
- Pointer consiste à retrouver une même opération dans le relevé et dans la comptabilité.
- Les dates peuvent différer sans qu’il existe nécessairement une erreur.
- Une opération non pointée doit être expliquée.
- Une opération présente uniquement sur le relevé peut révéler une écriture comptable manquante.
- Une opération présente uniquement en comptabilité peut être une opération encore en circulation.
- Le montant, le sens, le libellé et la référence doivent être contrôlés.
- Un simple décalage ne doit pas provoquer une deuxième comptabilisation.
- Le relevé bancaire ne remplace pas nécessairement le justificatif de l’opération.
- Le contrôle du relevé prépare le rapprochement bancaire.
Mini-test
Voir la réponse
La banque. Le relevé présente donc les opérations du point de vue de la banque.
Voir la réponse
Au débit du compte 512.
Voir la réponse
Au crédit du compte 512.
Voir la réponse
Cela consiste à identifier qu’une opération du relevé bancaire correspond à une opération enregistrée dans la comptabilité.
Voir la réponse
Non. Il peut s’agir d’un simple décalage de date.
Voir la réponse
Il faut enregistrer l’opération manquante. Dans un cas simple :
Débit 627 : 30 €
Crédit 512 : 30 €
Voir la réponse
Non. Il peut simplement s’agir d’un chèque qui n’a pas encore été présenté.
Voir la réponse
Non. Il faut également vérifier le sens, le libellé, la référence, la date et la nature de l’opération.
Voir la réponse
Non. Il faut d’abord analyser les opérations non pointées. La différence peut provenir d’un simple décalage.
Voir la réponse
Il faut rechercher l’origine et les justificatifs de l’opération avant de choisir son imputation comptable.
Voir la réponse
4 000 + 2 500 − 1 700 = 4 800 €.
Voir la réponse
Le chèque de 300 € peut constituer un simple décalage : il ne faut pas le comptabiliser une deuxième fois.
Les frais de 20 €, s’ils sont confirmés, constituent une écriture manquante à enregistrer en comptabilité.
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